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Babacar Diagne, président du Cnra.

Après sa garde à vue, l’animatrice de la 7Tv Adja Astou Cissé a été libérée par les gendarmes de la Section de recherches. Mais la polémique née de ses propos continue encore. Le Conseil national de régulation de l’audiovisuel (Cnra) vient de s’inviter dans le débat en rappelant aux éditeurs qu’ils sont responsables du contenu des émissions qu’ils éditent.

Adja Astou Cissé, animatrice de la 7 Tv, est rentrée chez elle après sa garde à vue. Mais la polémique née de ses propos est loin d’être finie. Ces derniers jours, le débat s’est plutôt focalisé sur le niveau et les aptitudes des animateurs de débats et autres chroniqueurs des médias sénégalais. Hier, le Conseil national de régulation de l’audiovisuel (Cnra) a jugé opportun de s’inviter dans le débat. Dans un communiqué, l’organe de régulation attire l’attention des médias audiovisuels : «Le Cnra appelle les médias audiovisuels à accorder une grande attention et un soin particulier dans l’animation d’antenne et dans l’évocation des questions de société à l’antenne», précise le document. L’organe dirigé par Babacar Diagne, qui dit s’exprimer «dans un souci de prévention», rappelle aux éditeurs «leur obligation de respecter la réglementation applicable à la communication audiovisuelle, notamment celle consistant à conserver ou à rétablir, en toutes circonstances, la maîtrise d’antenne». Le Cnra rappelle en outre que «le traitement des questions de société, notamment celles portant sur des sujets sensibles, nécessite une certaine culture, une préparation particu­lière et une bonne maîtrise du sujet». Le régulateur s’empresse alors d’agiter le bâton : «La non prise en compte de ces préalables entraîne la survenue d’incidents, de dérives ou de manquements à la réglementation de nature à entraîner des sanctions contre les éditeurs», lit-on. Il rappelle ainsi aux titulaires d’autorisation qu’ils sont responsables du contenu des émissions qu’ils éditent et programment avant de les exhorter à «prendre les dispositions et les mesures nécessaires pour garantir le respect des principes et des règles édictés par la réglementation».
C’est sur un plateau de la 7 Tv que l’animatrice Adja Astou Cissé a tenu des propos stigmatisant une ethnie et en rapport avec le viol. Ces propos jugés offensants par certains ont entraîné un tollé sur les réseaux sociaux et lui ont même valu une convocation de la Section de recherches de la gendarmerie de Colobane. La patronne de la chaîne de télévision, Maïmouna Ndour Faye, également présente sur le plateau avec comme invité Moustapha Fall Ché, a aussi été convoquée chez les limiers avant d’être autorisée à rentrer chez elle.
La vague de mécontentement soulevée par les propos de Adja Astou Cissé a d’ailleurs atteint des proportions graves quand un groupe d’étudiants a jugé bon de marcher de l’Université de Dakar à Quakam où se trouve le siège de la chaîne de télévision. Stoppés par les gendarmes, ils ont réclamé la fermeture de la chaîne malgré les excuses présentées en direct par l’animatrice et sa directrice.
mamewoury@lequotidien.sn

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