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«Demandons-nous si Fidel Castro parle à l’Afrique d’aujourd’hui.» C’est par cette antienne que la Ligue démocratique (Ld) a démarré son vibrant hommage à l’homme du 1er janvier 1959. Devant un auditoire composé de femmes, de jeunes com­me de vieux militants, Mamadou Ndoye et ses camarades ont rappelé le rôle déterminant de l’ingérence cubaine dans les luttes de libération en Angola ou en Afrique du Sud. Le secrétaire général de la Ld insiste sur le rapport de forces exercé par le contingent cubain sur le conflit entre le Mpla et notamment l’Unita soutenu par les Etats-Unis, l’Afrique du Sud et le Zaïre : «En Angola, il y a eu permanemment 50 mille soldats cubains. Au total, ce sont 500 mille d’entre eux qui ont combattu au terme des rotations d’effectifs. Aujourd’hui, presque toute l’Afrique australe doit à Cuba ce qu’elle est aujourd’hui.» Ironie de cette histoire, à l’heure où Cuba enterre son «Comman­dante», le Président angolais José Eduardo dos Santos, héritier de Agostinho Neto, annonce qu’il ne briguera pas un nouveau mandat à la tête de son pays. Mamadou Ndoye tire les leçons de l’expérience cubaine et du rôle de Fidel Castro Ruiz : «Quels que soient le pays et le Peuple, il est possible de réussir l’indépendance. Même dans les conditions économiques les plus difficiles, on peut scolariser tous les enfants. Nous pouvons assurer la santé à tous, Cuba l’a fait, la Chine le fait et avec leurs ressources.»
Pour autant, le leader de Ld, surnommé «Mendoza», est catégorique : «Ce que nous apprenons de Castro, c’est que si nous n’avons pas des dirigeants avant tout engagés dans la construction du pays et dans la satisfaction des besoins du Peuple, nous ne pouvons pas réussir. Castro nous a démontré qu’un dirigeant politique au service du Peuple n’a pas besoin de beaux habits, d’une belle voiture, de positions d’honneur ou de privilèges et de s’enrichir.» L’essentiel de l’expérience cubaine réside, selon l’homme de la gauche sénégalaise, dans la maxime suivante : «L’histoire ne se construit pas en un seul jour. Et Cuba a démontré que le combat d’un Peuple est à long terme. Ce n’est pas dire que c’est aujourd’hui même que finit l’histoire et que je dois me dépêcher.»
Par ailleurs, Mamadou Ndoye loue une vertu capitale de la révolution cubaine à travers le concept de l’intelligence des contextes car, selon lui, notre temps ne se prête pas à «une hégémonie des forces progressistes». Il cite l’exemple récent de la Grèce où «lorsque les forces qui étaient les plus radicales ont accédé au pouvoir, elles ont tout de suite compris ce qu’est le sens d’un compromis dans un contexte donné». Cette «intelligence», conclut-il, est «patiente, quitte à reculer pour mieux rebondir dans sa marche».
bdavid@lequotidien.sn

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