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La fin de semaine a été très riche au Festival international de jazz de Saint-Louis. Les artistes pressentis ont tous assuré. Les férus de jazz ont eu droit à des plateaux assez relevés.

Alune Wade dans la cour des grands

Son passage restera dans les mémoires encore longtemps. Lui, c’est Alune Wade. Bassiste, auteur, compositeur, interprète et producteur, le Sénégalais a montré qu’il est de la «race» des grands bassistes. Sa prestation a en effet été plus que satisfaisante. Avec son groupe, il a servi au public de la Place Faidherbe un très bon jazz. Un jazz électrique qui frise parfois le rock. En véritable as de la guitare, il a tout le long de sa prestation emporté le public. Maniant avec la plus grande dextérité les cordes de sa guitare, il étale tout son talent devant un public apparemment agréablement surpris de le voir jouer sur le même registre que les plus grands bassistes du moment. Mais cela ne surprend guère ceux qui le connaissent. Alune est en effet fils de musicien, on peut même dire qu’il est le véritable fils de son père, lui-même musicien et ancien chef de la musique principale de Forces armées sénégalaises, le colonel à la retraite Fallou Wade.
C’est auprès de ce dernier qu’il a appris dès son enfance à jouer à la guitare. Alune a également joué auprès de grands musiciens de son époque. D’abord, avec Ismaël Lô dont il est resté le bassiste pendant huit ans, ensuite avec Youssou Ndour, mais également des artistes de renom à travers le monde. Parmi eux Bobby Mc Ferrin, Joe Zawinul, Aziz Sahmaoui, Fatoumata Diawara, Blick Bassy pour ne citer que ceux-là.
En 2015, il enregistre avec son idole de jeunesse, Marcus Miller, pour son album Afrodeezia. Il sort également un album avec le pianiste cubain Harold Lopez-Nussa. Il y reprend certains standards africains en version cubaine. Ce parcours exceptionnel en dit long sur ses qualités de grand musicien.
Pour ce concert des 25 ans du Saint-Louis jazz, il s’est donné à fond pour satisfaire le public. Décidé à  marquer son passage à Saint-Louis, Alune qui aurait des souches saint-louisiennes y a mis sur scène son énergie et son amour pour la musique. Il fait parler sa guitare. L’ambiance devient indescriptible, chaude et festive, mais le public n’était pas au bout de ses surprises, car le musicien qui certes excelle dans l’art de jouer à la guitare a gardé  ses sources, il invite le batteur, percussionniste saint-louisien, Khadim, et son groupe sur scène. La suite est un véritable régal, car il s’en est suivi un face-à-face inédit entre le guitariste et le percussionniste. Jusqu’à la fin de leur prestation, ils tiennent en haleine ce public.

Nancy Murillo aussi séduisante que la salsa
Montée sur scène après Alune Wade, Nancy Murillo avait un défi à relever : celui de ne pas faire moins que son prédécesseur. Ce défi, la Colombienne le relèvera avec brio. Son concert a également été un régal. Pendant presque deux heures, la jeune femme a été artistiquement magnifique. Pourtant, elle n’a pas servi du jazz au sens classique du terme, mais de la salsa. Un genre musical bien prisé à Saint-Louis et qui est lié à l’histoire culturelle de la ville où sont nés les premiers groupes de salsa de notre pays, le Star Jazz, La Saint-Louisienne Jazz, le Star Jazz de Saint-Louis, le Sabor, entre autres.
Pleine d’énergie, Murillo se distingue par sa chaleur dès son arrivée sur la scène. Elle étale ses talents de danseuse et, dans un français débrouillé, installe un dialogue permanent avec celui-ci. Pleine d’humour, elle réussit rapidement à gagner la sympathie du public. Elle chante plusieurs morceaux tirés de son album Thia yova, un album de 10 morceaux dans lesquels il plonge Saint-Louis dans une véritable ambiance latino-américaine, une ambiance carnavalesque. Le reste du concert, elle le termine dans le public qu’elle a rejoint pour réveiller quelques réticents qui, pour elle, sont sur le point de sombrer dans les bras de Morphée. En bon amateur de salsa, le public se déchaîne, des couples se forment par-ci et par-là pour «un bal poussière improvisé», au grand bonheur de la chanteuse. Elle n’a surtout pas manqué de dire avant de quitter la scène toute sa joie d’avoir joué pour le Festival de jazz de Saint-Louis, confessant son amour pour la ville et pour le Sénégal.

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