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«Les femmes transformatrices, à travers leurs activités, impactent négativement le changement climatique, du fait notamment du braisage au sol qui produit excessivement de la fumée et qui, non seulement dégrade l’environnement, mais endommage la santé desdites actrices et aussi des autres communautés.» L’avis est du secrétaire exécutif de l’Association ouest-africaine pour le développement de la pêche artisanale (Adepa), Moussa Mbengue, qui se prononçait à l’occasion d’un atelier de renforcement de capacités des acteurs de la pêche artisanale. Une rencontre qui entre dans le cadre d’un Projet pilote de renforcement des capacités d’adaptation et d’atténuation des femmes transformatrices de produits halieutiques de Cayar au changement climatique. Lequel projet, porté par l’Adepa pour une durée d’un an et financé par l’Orga­ni­sation internationale de la Fran­cophonie (Oif) à hauteur de 18 millions de francs Cfa, travaille à l’amélioration des compétences des femmes, mais également à faire un plaidoyer en direction des autorités locales, outre le développement d’alternatives de diversification respectueuses de l’environnement, explique Moussa Mbengue.
La pertinence d’une telle démarche résidant, selon le secrétaire exécutif de l’Adepa, dans le fait que la pêche souffre sérieusement de la raréfaction des ressources halieutiques aggravée par les effets du changement climatique. Aussi, les pratiques des femmes transformatrices des produits halieutiques, notamment le braisage du poisson, ont des effets sur le changement climatique, l’environnement, leur santé à elles et celle des populations. Et c’est pour contribuer à la prise en charge de ces questions que l’Adepa a mis en place cet important projet pilote qui va conscientiser davantage les femmes transformatrices de produits halieutiques, mais également mieux les outiller sur ce phénomène dans une perspective de les amener à disposer d’initiatives d’adaptation face au phénomène. Pour cela, Moussa Mbengue indique que les femmes bénéficiaires vont être formées en pisciculture, afin d’avoir une alternative permettant la régénération et la reproduction de poissons de mer, en vue de faire face à la raréfaction des poissons durant la période de repos biologique. «Des bassins pour l’aquaculture seront construits afin que les femmes transformatrices de produits halieutiques puissent avoir d’autres activités génératrices de revenus, qui participent à réduire les effets négatifs sur le changement climatique. Aussi, nous pensons qu’avec la promotion d’initiatives piscicoles, cela va contribuer à la diversification, ce qui impacterait cette capacité de pêche qui va diminuer avec des effets bénéfiques sur la ressource. Cayar n’a jamais connu d’initiative piscicole et dans le cadre de ce projet, et comme dans la localité il y a une saison de la grande campagne de pêche qui va à de novembre à juin, et qu’au-delà il n’y a pratiquement pas d’activités, du coup, les activités des femmes s’effritent et là, elles sont en sous-activité. Nous allons les initier et les former au développement de la pisciculture, ce qui leur permettra d’élever dans des bassins du poisson pendant la période creuse avec la possibilité de le consommer et de le vendre.»
Il conclut pour inviter les femmes de Cayar à s’approprier ce projet pilote, initié pour la première fois au Sénégal. Ce, en vue d’aider à sa réussite et pour qu’il soit élargi avec des financements plus importants pour le développement de la pisciculture dans cette zone. Un projet salué par la responsable des femmes transformatrices de produits halieutiques de Cayar, Ndèye Laye Diop, qui a exprimé toute la satisfaction des femmes pour ce projet qui leur permettra d’avoir une alternative par rapport aux activités de braisage du poisson qu’elles mènent et qui peuvent avoir des effets sur le changement climatique, l’environnement, leur santé et celle des populations. Pour sa part, l’inspecteur, chef du Service départemental des pêches et de la surveillance marine de Thiès à Cayar, estime que la zone dispose d’atouts et de potentialités halieutiques importantes, avec notamment une façade maritime, une aire marine protégée, des bandes de filaos et une impressionnante fosse marine pour la reproduction des poissons.
nfniang@lequotidien.sn

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