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A Oudalaye, la tragédie n’a pas réussi à traumatiser les populations, qui tentent de ranimer leur cœur meurtri. Et elles ont accueilli la délégation gouvernementale, composée de la Déléguée générale à la Protection sociale et à la solidarité nationale, du ministre délégué auprès du ministre du Renouveau urbain, de l’habitat et du Cadre de vie, en charge de la question des inondations, qui est arrivée dans ses bagages avec 10 millions F Cfa et des promesses de désenclavement.

(Envoyé spécial à Oudalaye) – daouda-diallo-oudalaye_9888Après le malheur, les sinistrés reprennent le fil de la vie au milieu des décombres. Après le bilan du drame, c’est l’heure des compassions. La fin du premier acte d’une tragédie, qui a sorti Oudalaye, situé à 50 km au nord-est de Ranérou-Ferlo, de l’anonymat. 96 h après le drame, Oudalaye panse ses blessures, se remet à vivre après avoir enterré ses 6 enfants tués dans l’effondrement de deux bâtiments après les pluies diluviennes de la nuit du lundi. C’est un peuple de croyants et d’érudits, qui refusent de céder devant ce coup impitoyable du destin.
Oudalaye, qui est dépourvu d’infrastructures sociales élémentaires, revendique tout. Pas d’électricité. Pas d’écoles. Juste un poste de santé malade. L’infirmer-chef de Poste, Samba Ba, étale ses maux : «S’il y avait des blessés graves, il serait impossible pour le poste de santé de les sauver.  Les bâtiments sont délabrés avec un plateau médical très bas. En cette période d’hivernage, le paludisme pourrait faire des ravages car il n’y a pas assez de médicaments dans le poste de santé.»
Abdoulaye Daouda Diallo est arrivé avec une enveloppe de 10 millions F Cfa (5 millions pour les familles éplorées, 4 pour les sinistrés, dont les bâtiments sont effondrés et un million pour les deux blessés graves pour leur prise en charge médicale), en guise de soutien aux sinistrés et des promesses de désenclavement de la zone, qui dispose d’énormes potentialités agro-pastorales laissées en jachère de façon injustifiée par les différents régimes. Après avoir rallié le village à bord d’un hélicoptère, le ministre de l’Intérieur a rencontré des hommes dignes dans l’épreuve, prêts à reprendre le cours normal de leur frugale vie. Le ministre a annoncé que «le gouvernement s’engage à mettre en place des pistes praticables devant rallier Ranérou-Oudalaye et de l’autre côté, Ranérou Vélingara Ferlo pour le désenclavement de la zone».
En regardant le ciel, qui ondulait ses nuages, chargés d’eau sous nos yeux, on comprend que la tragédie peut se répéter dans cette zone perdue au milieu du Ferlo. Du haut d’un hélico, on prend en plongée cette localité, qui  donne l’air d’une exception environnementale nichée au cœur de la réserve forestière du Ferlo, une  zone fertile, adossée à une étendue de terres arides. Oudalaye, ce village perdu dans le Ferlo, reste toujours à l’état traditionnel. Les habitations sont faites en banco sans aucune garantie maçonnique. Figées sur leur croyance et guidées par la volonté de vivre sur leur terre ancestrale, les populations reconstruisent leur vie sur les décombres. Le notable Hamidou Sy, qui a perdu ses petits-fils, a eu les mots justes pour ranimer son cœur :  «Je m’en remets à Dieu. J’exprime ma gratitude à l’endroit du Peuple sénégalais et de l’ensemble des familles religieuses qui ont tous exprimé leur compassion suite à cette tragédie.» Il faut le dire, l’Administration territoriale sous la houlette du gouverneur de Matam, Oumar Mamadou Baldé, s’est mobilisée pour apporter son soutien aux populations de Oudalaye, qui continue de panser ses blessures. Et de penser à l’avenir drapé du voile de la dignité après celui du deuil. Même si la mort est douloureuse, leur devoir est aussi de ne pas oublier ces disparus, qui laisseront un vide dans leur cœur.
d.dem@lequotidien.sn

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