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Depuis 40 ans, les rues Thionk et Sardinièry sont envahies par les marchands et les étals anarchiques. Après avoir installé leurs commerces le long de ces endroits, certains ont érigé des cantines sur ces chaussées. Hier, ces voies «colonisées» par les vendeurs ont été déguerpies de tous leurs occupants. C’est un nouveau décor de l’endroit débarrassé des bancs, des tables, des barres de fer, qui avaient servi à ériger des cantines, des sachets plastiques, des objets de tout acabit.
Au même moment, les agents de l’Ucg et de la mairie du Plateau balayent et rassemblent les débris sous l’œil vigilant des éléments du Gmi et du sous-préfet du Plateau, qui supervisaient l’opération. «C’est une opération de déguerpissement conformément au plan d’action que nous avons mis en place pour améliorer le cadre de vie», a indiqué d’emblée Djiby Diallo. Selon lui, «c’est pour éviter la concentration des populations que nous avons entrepris ce déguerpissement, qui vise à endiguer la propagation de la maladie à coronavirus».

Djiby Diallo : «Je ne négocie pas l’occupation illégale de la voie»
Avec la multiplication des cas communautaires dans la capitale, le sous-préfet trouve que ces marchés peuvent être de véritables nids de contamination. «C’est pour éviter la concentration des populations qui peut favoriser la propagation du virus. Au Plateau, il y a au moins 9 marchés et chacun regroupe plus d’un million de personnes par jour. C’est pour cette raison que l’Etat a pris des mesures pour endiguer la propagation du virus», dit-il sans cacher son inquiétude. Il lance un appel : «Il revient maintenant aux populations de jouer leur partition dans cette lutte.»
Dans ce contexte de crise du Covid-19, les marchands ont été surpris par l’opération. Choqués par la soudaineté de la décision, ceux qui seraient tentés de se rebeller sont douchés par la présence des policiers et des agents du Gmi, qui sécurisent l’opération.
Aujourd’hui, ils sont spectateurs de leur propre désillusion, qui les plonge dans un avenir incertain. Même si l’horizon est bouché quasiment pour tout le monde. Mais, le sous-préfet reste droit dans ses bottes. «Je ne négocie pas l’occupation illégale de la voie. Celui qui veut vendre doit-être dans la rue et pas sur la voie», martèle Djiby Diallo.
justin@lequotidien.sn

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