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Le choix de Saïdou Nourou Bâ semble rassurer les acteurs du dialogue politique. Si du côté du pouvoir, l’on espère que toutes les questions seront abordées, l’opposition, elle, ne s’enflamme pas et attend de voir ce que leur réserve le président du Cadre de concertation sur le processus électoral. Il faut dire que le diplomate fait face à une course contre la montre puisqu’il sera installé aujourd’hui dans les locaux de la direction générale des élections et va procéder au lancement des travaux dudit cadre. Mais sans l’opposition boycotteuse qui pourrait, cependant, rejoindre la table des négociations.

Cheikh Bamba Dièye (opposition) : «Saïdou Nourou Bâ peut faire ce boulot, mais ce n’est pas cela le souci»

«Je connais bien son Excel­lence Saïdou Nourou Bâ alors que j’étais jeune étudiant et lui ambassadeur. Pour moi, c’est quelqu’un qui peut faire ce boulot. Mais ce n’est pas cela le souci. Le vrai souci pour nous, pour les acteurs et les citoyens, c’est le fond et le contenu du dialogue. Qu’est-ce que le président de la République entend par dialogue politique ? Est-ce que ce dialogue-là va revenir sur les points importants comme la carte d’identité numérique ? Comment faire en sorte que les garçons ne soient plus confondus avec les filles, que chaque citoyen puisse avoir sa carte, que le fichier soit stabilisé, transparent et disponible. Nous attendons de lui qu’il fasse en sorte aussi que les incohérences que nous avons notées dans le processus électoral en termes de rationalité et de présence des partis politiques dans les médias d’Etat soient corrigées. Qu’il n’y ait plus ce parti-pris abusif pris de la Rts par rapport à l’opposition, que le Président n’est plus ce comportement unilatéral sur tout le processus électoral. Qu’est-ce que le président du cadre de concertation va faire par rapport à la fraude massive qui a entaché la régularité des élections ? Est-ce qu’aujourd’hui, il est possible, au Sénégal, que des candidats se battent à armes égales ? Parce qu’on a vu lors des dernières élections, des candidats, tête de liste, se retrouver en prison. Et à ce jour, on a vu une stratégie pilotée par les officines de la Présidence, par le président de la République et la Justice pour broyer des adversaires politiques. Pouvons-nous compter sur un système politique stabilisé qui va offrir une même sécurité pour tout le monde ? Aurons-nous des élections sans violence, transparentes et régulières ? Voilà autant de questions de fond sur lesquelles nous attendons le gouvernement. Peu importe la personnalité de celui qui va diriger ce dialogue, pourvu qu’on travaille sur le fond. Il faut que le président de la République donne des réponses à ces grosses interrogations pour que ce qu’il a donné jusqu’à présent conforte les uns et les autres en sachant qu’il professe une chose mais ne se l’applique jamais.»

Aymérou Gningue (Majo­rité) : «J’espère que tous se retrouveront autour de la table»

«Le choix de Saïdou Nourou Bâ est une bonne chose parce que le dialogue est un processus dynamique. Le Président a lancé un appel pour que tous les Sénégalais, les partis politiques, les associations et la Société civile se retrouvent autour d’une table. Nous avons quand même un rendez-vous important qu’est l’élection présidentielle de 2019, une date qu’on ne peut pas reculer. Donc, face au blocage constaté avec le boycott de certains partis de l’opposition, le président de la République a voulu rebondir et rassurer en désignant un homme neutre, M. Saïdou Nourou Bâ, qui va présider ce dialogue. J’espère que cet appel sera entendu et que tous se retrouveront autour de la table pour discuter des questions transversales et qui feront avancer notre démocratie.
ksonko@lequotidien.sn

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