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L’annulation de la procédure judiciaire contre Guy Marius Sagna constitue aujourd’hui le combat du collectif, qui a été formé pour sa libération. Après qu’il a obtenu la liberté provisoire après 30 jours de séjour carcéral, les soutiens de l’activiste se battent pour un non-lieu total. Ils annoncent une saisine de la Cour de justice de la Cedeao et du Groupe de travail des Nations unies pour dénoncer «la détention arbitraire dont a été victime» l’activiste. Le collectif «Libérez Guy Marius Sagna, sunu pétrole, sunu gaz» a tenu une conférence de presse hier au siège d’Amnesty Sénégal.

C’est une demande réitérée à nouveau par ses soutiens : un non-lieu total pour l’activiste Guy Marius Sagna. C’est le combat de la défense après l’obtention de sa mise en liberté provisoire. En effet, le collectif «Libérez Guy Marius Sagna, sunu pétrole, sunu gaz», en collaboration avec les avocats de l’activiste, travaille pour l’internationalisation de la bataille judiciaire. Ainsi, la Cour de justice de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) et le Groupe de travail de l’Organisation des Nations unies (Onu) seront saisies. L’annonce a été faite hier par Me Moussa Sarr. D’abord, c’est la Cour suprême qui a été saisie d’une plainte contre la procédure. Parce qu’ils considèrent en effet les 30 jours de détention préventive de l’activiste à la prison de Rebeuss «arbitraires». Les membres du collectif sont d’avis qu’avec la liberté provisoire, c’est une bataille qui est gagnée mais pas la guerre. Raison pour laquelle, ils appellent la poursuite des manifestations, de la campagne au Sénégal et à l’international afin d’obtenir une liberté totale pour l’activiste arrêté pour le délit de «fausse alerte au terrorisme». Car, les soutiens du militant anti franc Cfa sont convaincus que cette liberté provisoire reste une épée de Damoclès au-dessus de la tête de Guy Marius Sagna et de tous.
Cet appel à la remobilisation pour cet influent membre du mouvement «Frapp France dégage» a été lancé hier au siège d’Amnesty Sénégal, sis à Sacré-Cœur. Face à la presse, les membres du Collectif ont soutenu que M. Guy Marius Sagna est «victime d’un grotesque abus de pouvoir dont l’objectif était de faire diversion pour museler la montée en puissance de l’exigence démocratique et citoyenne de la transparence, de la vérité et de la justice en matière de gestion de nos richesses nationales, notamment de notre pétrole, de notre gaz, de notre zircon etc.». Ils veulent l’annulation de la procédure, parce que, disent-ils, «elle est arbitraire, illégale, et donc relève d’un abus de pouvoir consécutif à une admissible mainmise du pouvoir politique présidentiel sur la justice du pays». L’arrestation de leur camarade à leurs yeux constitue un «grave attentat contre les libertés individuelles et collectives consacrées dans les lois et la Constitution du pays». Le concerné lui-même, malgré son séjour à Rebeuss, reste toujours fidèle à ses principes. «Cette incarcération ne m’ébranle pas. Elle ne me fait pas peur. L’intimidation ne passera pas. La lutte va se poursuivre jusqu’au bout. Il n’est nullement question pour moi d’être en retrait sur les activités citoyennes que nous menons ou de prendre des vacances. Il n’est nullement question pour moi d’accepter ce musellement que l’on voudrait me voir observer», a martelé Guy Marius Sagna.
Malgré son séjour carcéral, M. Sagna n’a pas perdu son bagout et appelle à la mobilisation citoyenne pour faire face ce qu’il qualifie de «dictature atroce». «Mon sort peut arriver à tout le monde. C’est la raison pour laquelle le combat pour la liberté et la démocratie doit continuer. J’ai une claire conscience que ce combat ce n’était pas un combat pour moi. C’est un combat pour dire non à l’arbitraire, non à l’illégalité, non à une tentative de piétiner les libertés démocratiques de notre pays.»
msakine@lequotidien.sn

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