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La libération «sans condition» des personnes arrêtées dans le cadre du litige foncier opposant les populations de Tobène avec les Industries chimiques du Sénégal (Ics), c’est ce que réclament des organisations de la Société civile. Dans un document, 35 organisations ont dénoncé l’arrestation et la détention arbitraire de 18 personnes suite aux échauffourées ayant opposé les populations aux forces de sécurité.

Dans le litige foncier qui les oppose aux Ics, les populations de Tobène peuvent compter sur le soutien des organisations de la Société civile. Dans un communiqué conjoint, 35 organisations paysannes et de la Société civile ont dénoncé l’arrestation et le placement sous mandat de dépôt de 18 personnes «suite aux échauffourées qui ont opposé les populations aux forces de sécurité dans le litige foncier portant sur 6 hectares qu’elles ont avec les Industries chimiques du Sénégal (Ics)». Dans le document signé entre autres par la Raddho, Amnesty international, Coalition Publiez ce que vous payez, Enda lead Afrique francophone, Forum social sénégalais, il est demandé aux autorités de «libérer sans condition les personnes arrêtées dont le seul tort est de défendre les intérêts de leur communauté». De même, ces organisations souhaitent que «des négociations transparentes visant la protection des intérêts des populations soient menées dans un esprit de dialogue et d’apaisement social». Tout en apportant leur soutien aux populations de Tobène et environs, elles demandent «un relèvement du barème départemental dont le caractère dérisoire aurait été reconnu par le ministre (Aly Ngouille Ndiaye) lors de son déplacement à Tobène». Dans ce cadre, ces organisations estiment qu’il faut une «renégociation des contrats liant l’Etat aux Ics dans le but de mieux préserver les intérêts économiques locaux et nationaux et de protéger les droits économiques et sociaux des communautés con­formé­ment aux dispositions pertinentes de la Constitution sénégalaise».
Revenant sur le litige ayant abouti à l’arrestation et le placement sous mandat de dépôt de 18 personnes, les organisations signataires du document rappellent qu’après «plusieurs négociations infructueuses sur les conditions de rétrocession de leurs terres aux Ics, les représentants des populations de ces localités se sont entretenues le 29 juillet 2020 avec le ministre de l’Intérieur, Monsieur Aly Ngouille Ndiaye, qui s’est déplacé au village de Tobène». Elles précisent qu’à cette occasion «les communautés lui avaient fait part de leur désaccord sur le barème de compensation proposé qu’elles jugeaient très faible tout en réitérant leur volonté de trouver avec la compagnie une solution négociée». Mais regrettent-elles, «la réponse immédiate des autorités a été d’envoyer, le 12 août 2020, les Forces de l’ordre encercler le village de Tobène et procéder à l’arrestation des villageois opposés à la proposition du ministre de l’Intérieur qui était d’évaluer les terres litigieuses et d’attendre qu’une nouvelle offre de compensation leur soit présentée». Selon les signataires du document, «les dix-neuf (Ndlr : 18) personnes déférées et les sept (7) remises en liberté seront jugées vendredi prochain pour divers motifs, notamment attroupement illégal, violences sur agents dans l’exercice de leurs fonctions et incitation à la rébellion». Dans la même veine, les auteurs du communiqué soulignent que «ce conflit foncier vient s’ajouter à une longue liste d’affaires relatives à la spoliation des terres de pauvres paysans par de grandes compagnies minières et autres qui refusent, avec souvent le soutien tacite des autorités, de leur octroyer une indemnisation à la mesure des pertes encourues».

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