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Interdit par le préfet hier, le sit-in du Front de résistance nationale prévu cet après-midi devant le ministère de l’Intérieur est maintenu par ses initiateurs. De l’électricité dans l’air à la Place Washington

L’arrêté Ousmane Ngom oblige ! Sans surprise, le sit-in du Front de résistance nationale démocratique et sociale (Frn), prévu aujourd’hui à partir de 15h devant le ministère de l’Intérieur, a été interdit. Ce regroupement de partis de l’opposition l’a annoncé hier à travers un communiqué. Par conséquent, les gaz lacrymogènes risquent de polluer l’atmosphère autour de la Place Washington, car le Frn a décidé de braver l’arrêté «illégal et anticonstitutionnel» du préfet de Dakar, Alioune Badara Samb. «Le Frn maintient sa décision d’organiser cette manifestation. Etant donné que les dernières manifestations de l’opposition ayant regroupé au moins une centaine de milliers de citoyens se sont déroulées sans aucun incident, l’opposition tient le gouvernement pour responsable de tout incident qui se sera produit», défie la Conférence des leaders du Frn. A moins de 6 mois de l’élection présidentielle, l’opposition tente de créer un rapport de forces avec le régime en place. La confirmation des candidatures déjà annoncées de Karim Meïssa Wade et de Khalifa Ababacar Sall, la mise en place d’une autorité indépendante pour organi
ser les élections, l’accès au fichier électoral pour tous, le retrait de la loi sur les parrainages, la distribution des cartes d’électeur aux ayants droit et la libération des prisonniers politiques constituent les griefs à déplorer devant le ministère occupé par Aly Ngouille Ndiaye. Pour une manifestation annoncée en début de semaine dernière, l’opposition a vu la Cour suprême rejeter l’inscription sur les listes électorales de Karim Wade, puis la confirmation de la condamnation de Khalifa Sall à 5 ans de prison par la Cour d’ap
pel. Comme si cela ne suffisait pas, le maire de Dakar a été révoqué vendredi par le président de la République qui s’est envolé en Chine, (Macky Sall était en France lors du vote de la loi sur le parrainage le 19 avril dernier à l’Assemblée nationale). Cet après-midi, des centaines de Sénégalais voire des milliers vont-ils braver l’interdit pour s’affranchir du régime «dictatorial» de Macky Sall ? Telle est l’équation que l’opposition doit résoudre. Ce qui n’est pas le cas depuis 2012. bgdiop@lequotidien.sn

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