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Faire de Bandjikaky un hub horticole, c’est la volonté affichée par les populations de cette contrée de Kataba I, lors du lancement de la 4ème édition de leurs journées culturelles et économiques parrainées par le ministre Ablaye Badji. Initiées par l’Association pour le développement de Bandjikaky (Adeba) et celle des jeunes du village, ces journées ont servi de cadre pour les populations locales pour jeter les bases de leur développement endogène. «Dans le cadre d’un projet portant sur l’aménagement et l’exploitation de blocs maraichers au profit des femmes et des jeunes, l’édile de Kataba I nous a affectés deux parcelles d’une superficie totale de 7 ha», explique le président de l’Adeba. Dans son discours, Sékou Badji précise que ce projet, dont la mise en œuvre a déjà démarré, et qui traduit la vision du chef de l’Etat, sera financé grâce aux fonds tirés de ces journées culturelles. Et il permettra ainsi au regard des énormes potentialités qui s’offrent et de l’engagement des bénéficiaires de créer au moins, selon lui, 100 emplois directs avec comme effet attendu l’augmentation des revenus des populations et la baisse de la pauvreté. Pour M. Badji, les populations de Bandjikaky ont, à travers ses  initiatives endogènes, l’ambition de faire de leur contrée un hub horticole et arboricole. En effet, souligne-t-il, «la région souffre d’un manque de production de légumes, alors que nous avons les terres les plus riches et le Ppdc (Ndlr : Projet pôle de développement de la Casamance) a prévu de mettre en place une unité de collecte de fruits qui permettra de faire de Bandjikaky un hub horticole». Le président de l’Adeba indique, par ailleurs, que leur ambition est réelle, réaliste et réalisable. «Il suffit tout simplement de bénéficier d’un appui devant nous permettre de mettre en œuvre de façon concrète ces deux projets et nous permettre de produire», dit-il.  Rappelant la place qu’occupait jadis, Bandjikaky dans la production de l’huile de palme en Casamance, Sékou Badji note qu’aujourd’hui l’unité de transformation de l’huile de palme est à bout de souffle, parce que la ressource se raréfie et les populations essoufflées, faute de moyens.

Dégradation de l’environnement
C’est pourquoi Sékou Badji plaide pour le développement d’autres initiatives, afin de permettre aux populations d’avoir suffisamment de revenus et contribuer à l’émergence du Sénégal. C‘est, selon lui, l’objectif d’Adeba et de la communauté de Bandjikaky qui sont autour de cette synergie pour pousser de l’avant leur développement et permettre aux jeunes de pouvoir rester sur place et de gagner leur vie au lieu de tenter l’aventure espagnole via les pirogues. «Nous sommes dans une zone par excellence de l’arboriculture, de l’horticulture, la quasi-totalité des populations vit ici de cette activité. Nous n’avons plus le droit de vivre dans ces conditions-là, car il y a autant d’atouts à même de permettre aux jeunes de trouver sur place de l’emploi. Même sans usine, nous avons des terres qui peuvent produire des tonnes de riz, de légumes et approvisionner les marchés  régionaux, nationaux et de la sous- région», justifie-t-il. M. Badji, qui a en outre, remis au goût du jour plusieurs contraintes d’ordre économique, social et environnemental auxquelles  les populations locales sont confrontées. Entre autres difficultés, il cite le manque d’infrastructures scolaires et sanitaires, l’absence d’électricité, la baisse des rendements agricoles, la salinisation des rizières, la disparition des espèces, le chômage endémique des jeunes, la déperdition scolaire et l’absence d’un Lycée dans la zone, le problème d’accès à l’eau.  Sékou Badji remercie tout de même, Macky Sall pour le redémarrage du projet d’électrification de Bandjikaky bloqué depuis 2008, mais également exige leur part dans les politiques publiques. «Nous voulons un forage multi-villages pour l’accès à l’eau, l’accès aux services sociaux de base pour pouvoir transformer les contraintes en atouts et hisser Bandjikaky parmi les localités de référence», réclame- t-il.
Parrain de ces journées, le ministre chef de cabinet du président de la République a souhaité vivement que les recommandations issues des réflexions de l’Adeba puissent contribuer à trouver des solutions pour le développement de cette localité. Ablaye Badji a aussi magnifié l’engagement de Sékou Badji et des jeunes de Bandjikaky à se mettre au service de leur communauté. Non sans manquer de déplorer la forte dégradation de l’environnement qui a eu, selon lui, un impact sur la production de l’huile de palme jadis, un bien exclusif de Bandjikaky. Il s’agit aujourd’hui de trouver des voies alternatives, souligne Ablaye Badji, pour relancer le développement et de pouvoir prendre en charge les préoccupations de cette localité.
imane@lequotidien.sn

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