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«Ré-imaginer l’enfance.» C’est ce que demande l’association sénégalaise qui œuvre pour le développement des enfants à travers le jeu et la réflexion critique. Pour ImagiNation Africa, on doit «investir sur le capital humain et social», car 90% du cerveau de l’adulte se forment entre 0 et 5 ans.
Selon le Dr Ibrahima Giroux, «les efforts que nous avons faits n’ont pas aidé à arracher la petite enfance des difficultés dans lesquelles elle se trouve». Il pense que pour corriger cet impair, on ne doit pas chercher à se développer comme les autres. «Nous devons penser à nous développer comme nous-mêmes», suggère-t-il.
D’après lui, «nous avons besoin de repenser notre manière d’être et éviter de travailler en solo et aller vers la mutualisation de nos forces». «Car si nous continuons à travailler en solo, le cout  unitaire de l’enfant sera très élevé», souligne-t-il.
A son avis, «on ne peut pas développer la petite enfance en trichant. Nous devons être nous-mêmes et sortir des sentiers battus». Car «une mauvaise petite enfance se paie cash», avertit-il. Avant d’indiquer que «l’investissement sur la petite enfance ne coute pas cher, s’il est commencé au bon moment».
Bassirou Kébé, conseiller du président de la République chargé de l’enfance, est quant à lui, d’avis que «l’enfant est un être en devenir». Mais «nous pensons que nous avons des relations de pouvoir avec  les enfants», alors que les études montrent que nous pouvons apprendre d’eux. Toutefois, il n’est pas d’avis que l’Afrique est une société qui maltraite les enfants. «Les comptes que nous leur racontons contiennent des leçons de morale qui leur donnent une certaine force», fait-il remarquer.
Pour Mme Thérèse Diouf Faye, directrice de l’Agence nationale de la Case des tout-petits, le taux de scolarisation au Sénégal est de 17% contrairement à l’Afrique où il est de 20%.  C’est pourquoi, elle invite les Ong et le secteur public à investir sur la petite enfance. Car, à ses yeux, «on ne peut pas développer le Sénégal  sans éduquer les enfants».
De l’avis de Sophie Naudeau, experte de la Banque mondiale, le secteur privé doit s’intéresser à la petite enfance. A l’en croire, l’indice mondial va de 0 à 1. «Chaque pays a un score entre 0 et 1 qui a trait à la nutrition des enfants».  Pour le Sénégal, «ce chiffre est de 0.42 soit un manque à gagner de 58%». «Cette question d’équité demande la mise en place d’une politique de l’enfance», conseille-t-elle.
Selon Rama Sagna, coach en développement et leadership, la Banque mondiale a dégagé une enveloppe de 42 milliards pour la petite enfance au Sénégal. En octobre prochain, notre pays organisera une conférence internationale sur l’enfance. En attendant, pour libérer le potentiel de la prochaine génération, Ima­giNation Africa a proposé 18 solutions et invite le secteur privé à s’investir dans la petite enfance.

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