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Depuis hier, un séminaire-atelier de 3 jours, sur le thème «Edition imprimée et édition numérique : Développement et enjeux», réuni les membres de l’Association sénégalaise des éditeurs, au siège des écrivains, Keur Birago bu bess. Les acteurs vont échanger sur les atouts de ce nouveau type de commercialisation des livres.

Au Sénégal, la culture de la lecture n’est pas ancrée dans les habitudes quotidiennes. C’est pour cette raison que par rapport à l’impression papier, les éditeurs sénégalais font face aujourd’hui au problème de stocks de livres gardés pendant des années dans les librairies. Aussi, les acheteurs se font-ils de plus en plus rares surtout avec l’avènement du support numérique. Pour ne pas rater le train de cette avancée technologique, l’Asso­cia­tion sénégalaise des éditeurs du Sénégal organise depuis hier, un séminaire-atelier de 3 jours sur le thème : «Edition imprimée et édition numérique : Développement et enjeux.» Cette activité rentre dans le cadre du programme de renforcement de capacités des éditeurs du Sénégal appuyé par le Canada. Réunis au siège des écrivains, Keur birago bu bess, les acteurs vont donc échanger sur les atouts de ce nouveau type de commercialisation des livres.
Dans son intervention, Hulo Guillabert, directrice des Edi­tions Diaspora noire, une maison d’édition numérique, a lancé un appel à ses collègues. «Je dis aux Africains, il ne faut pas qu’on rate cette révolution technologique, cette révolution numérique d’autant plus que je pense que ça rejoint l’oralité. C’est une sorte de renouveau de l’oralité. Parce que quand vous êtes sur facebook, vous parlez, vous dites plein de choses volatiles même si c’est garder, c’est de l’oralité finalement», a-t-elle affirmé. Mme Guillabert a ainsi partagé les avantages de ce système de vente avec les autres éditeurs sénégalais. «Moi, ce que je veux juste leur dire, c’est qu’il y a un faible coût quand même avec le numérique. Donc aujourd’hui, un éditeur classique peut-être un éditeur classique et également diffuser ses livres en numérique. C’est une chance de plus de vendre», avance-t-elle.
Avantages et limites
Outre les avantages de la diffusion via internet étalés, la directrice des Editions Diaspora noire n’a pas manqué de prodiguer des conseils. Elle a demandé aux éditeurs de ne pas multiplier les intermédiaires. Elle les exhorte à aller le plus directement possible vers le diffuseur final afin de gagner quelque chose. Hulo Guillabert a également axé une partie de son intervention sur les contraintes de cette révolution du livre. Selon elle, il s’agit entre autres du faible niveau en Afrique d’équipement comme les liseuses, les tablettes même si elle reconnait que d’autres supports comme le portable Androïd peuvent faire l’affaire. Le problème lié au paiement par internet sur le continent a été aussi posé.  «Au­jourd’hui, certains se rabattent sur le système d’envoi Orange money ou encore Wari pour disposer de leur fonds», constate-t-elle.
Mme Guillabert précise par ailleurs que «le livre de papier est autonome alors que l’E-book est un outil dépendant notamment de l’électricité». «Ça c’est un gros avantage du livre papier», a-t-elle mentionné avant de regretter le retard noté par rapport au livre audio qui, selon elle, fait son chemin dans d’autres pays du monde entier.
msakine@lequotidien.sn

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