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Aminata Mbengue Ndiaye, ministre de l’Élevage...

Le Sénégal a misé sur le mauvais cheval en ce qui concerne l’élevage. Il faut se tourner vers le pastoralisme et abandonner l’élevage intensif. Tel est le vœu du Centre d’études, de recherche et de la formation en langues locales (Cerfla). Qui préconise une loi qui va reconnaître la mobilité.

Halte ! Le gouvernement, en voulant axer ses efforts sur la promotion d’un élevage intensif, fait fausse route. C’est en résumé l’avis du Centre d’études, de recherche et de la formation en langues locales. Qui a organisé hier un atelier de partage de documents portant sur le foncier pastoral au Sénégal. A cet effet, la structure informe que le développement du Sénégal passe par un pastoralisme plutôt qu’un élevage intensif. Selon le responsable des programmes de l’Ong, la première étape est «l’élaboration d’un cadre juridique». Pour Chérif Bocar Sy, le gouvernement continue de dérouler une politique héritée de la colonisation qui ne vise qu’à «alimenter simplement les centres ur­bains». Ainsi, toutes les politiques dans le secteur sont jusqu’ici centrées sur une sédentarisation. Ainsi plaident-ils pour la création d’une loi de reconnaissance de la mobilité comme il en existe avec le domaine maritime public, les forêts classées. Cette loi, selon Chérif Bocar Sy, devra satisfaire 3 points en plus de reconnaître le pastoralisme. Le premier point est la sécurisation des airs de pâturage. Pour l’Ong, si les éleveurs n’ont plus d’espace pour le bétail, ils sont obligés de se sédentariser. Et cela engendre un coût qui va se reproduire sur le prix d’achat des produits dérivés. En 2ème lieu, la loi devra aussi sécuriser les axes de transhumance, c‘est-à-dire des zones de tampon où le bétail pourra être stocké pour approvisionner le marché en vague. Et en dernier lieu, elle devra régler le problème de l’accès aux ressources pour les acteurs. Sur ce, le gouvernement qui a adopté le Plan national de développement de l’élevage 2017-2022 dispose de 129 sur les 247 milliards de francs Cfa de budget. Mais à en croire Chérif Bocar Sy, l’efficacité des politiques publiques laisse à désirer. «Il y a un décalage immense entre les acteurs de l’élevage et les décideurs publics. Qui sont emballés par le discours sur la modernisation de l’élevage. Le gros problème du Sénégal, c’est qu’on met 50% de nos budgets dans le fonctionnement… La question de la mobilisation des ressources ne se pose pas, mais c’est le mécanisme de prise de décisions qui est essentiel. Est-ce que les acteurs sont associés à l’utilisation de ces ressources ? On a acheté des vaches de race brésilienne. On en a discuté où ?», Se demande-t-il.
Même si l’utilisation des ressources ne fait pas l’unanimité, Cerfla pointe un doigt accusateur sur la politique d’aménagement du territoire. C’est l’assiette foncière dédiée à l’habitat qui menace le pastoralisme. Latyr Diouf estime «qu’on ne peut pas sécuriser tout en le faisant pour le pastoralisme». Cet enseignant à l’Ecole nationale d’administration préconise une territorialisation du pastoralisme pour préserver le foncier des éleveurs.
mgaye@lequotidien.sn

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