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Tombon Gueye, maire de Diembéring.

La commune de Kafountine a abrité ces dernières semaines un forum organisé par les membres du Réseau des îles de la Basse Casamance (Ribc), un cadre de concertation, de réflexion et d’action mis sur les fonts baptismaux il y a près d’un an par les populations des 21 îles que polarisent les communes de Diem­béring et de Kafountine. A cette occasion, le Ribc a étalé les freins au développement de ces zones insulaires de la Basse Casa­man­ce. Les maires de Diembéring et de Kafountine, deux communs sœurs du littoral, liées par l’histoire, l’environnement, la culture, la sociologie, etc. ont invité les autorités étatiques à prendre en charge les préoccupations des populations des îles qui souffrent d’un manque criard d’infrastructures de base. Ces zones, renseignent-ils, souffrent également de l’érosion côtière, d’un manque d’eau potable, de salinisation des sols, d’enclavement, etc. «La situation est plus que difficile dans ces zones insulaires con­frontées à toutes sortes de problèmes et dont la résolution dépasse les capacités des municipalités», a soutenu l’édile de Diembéring. Tombon Guèye invite ainsi l’Etat du Sénégal à mettre d’urgence un programme de construction d’une digue de protection de Kabrousse à Kafountine pour sauver les îles menacées de disparition du fait, a-t-il dit, de l’érosion côtière. Dans la mesure où l’érosion côtière, note M. Guèye, s’accélère avec 3 mètres de décapage par année dans certaines îles pour une  moyenne nationale de 1,5 mètre, se pose donc la nécessité de mettre en place une digue de protection bétonnée ou une disposition de rochers de Kafountine à Kabrousse en passant par Cap-Skirring pour sauver les îles. Quant au maire de Kafountine, Victor Fansou Diatta, il préconise d’accentuer le plaidoyer pour orienter les financements de projets d’envergure des collectivités locales vers les îles qui doivent, selon lui, accéder à l’eau potable et bénéficier de services sociaux de base.
Grâce au soutien du gouvernement du Sénégal à travers le Projet de gestion intégrée des zones côtières (Pgizc) financé par l’Union européenne, les communautés insulaires de la Basse Casamance ont décidé de mutualiser leurs efforts pour s’engager dans un processus de gestion intégrée des zones côtières. C’est tout le sens de la mise sur pied par les populations des 21 îles de la zone côtière (7 pour la commune de Diembéring et 14 pour la commune de Kafountine) du  Ribc. Un Réseau mis en avant pour prendre en compte la fragilité des écosystèmes et des paysages côtiers, la diversité des activités, leur interaction et la vocation maritime de certains d’entre eux, ainsi que leurs impacts à la fois sur la partie marine et terrestre. Il s’agit pour les populations insulaires d’arriver à une solution qui consiste à développer une solidarité pour, d’une part harmoniser les interventions en matière de lutte contre l’érosion côtière et, d’autre part mutualiser les initiatives de désenclavement et les actions de valorisation des ressources côtières.
imane@lequotidien.sn

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