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Ibrahima Nour Eddine Diagne, directeur général de Gaïndé 2000, estime qu’en matière de commerce électronique, la valeur est un enjeu de taille. Hier, au Salon international du e-business au Cices, M. Diagne, qui parlait des «Enjeux et défis du e-commerce en Afrique», a présenté sa vision : «Vous avez un produit, vous avez des clients, vous gérez les transactions. C’est à ces 3 niveaux que vous faites de la valeur. Si d’ici demain le commerce électronique africain se réduit aux produits, la valeur va être de moins en moins sur le produit et de plus en plus sur la transaction.» Donc, renchérit-il, on va se retrouver à devoir trouver une place dans ce cercle déjà bien défini où il y a de très grands acteurs qui maîtrisent la transaction.
Il conseille à ce niveau aux acteurs de ne pas se satisfaire d’être commerce électronique africain, «où le livreur arrive par mobylette. Ça c’est le commerce électronique facile qui doit exister parce qu’il facilite la vie aux Africains et à tous ceux qui en profitent, mais ce n’est pas l’avenir du e-commerce en Afrique. Son avenir se trouve dans la valeur et cette dernière se trouve dans la maîtrise du client et de la transaction».
L’autre danger qui guette l’Afrique, d’après toujours M. Diagne, est le protectionniste «qui va prendre de nouvelles formes de plus en plus vicieuses, qui limiteront la possibilité d’accéder aux marchés». Cela veut dire, explique cet ancien rapporteur pour l’Afrique du Centre des Nations unies pour les transactions électroniques, que si un commerce électronique africain existe et cherche à attaquer des marchés non africains, il aura beaucoup de difficultés. Dans ce cas de figure, quel est le rôle de l’Etat ?
Pour lui, l’Etat doit protéger le consommateur et le citoyen. «C’est important à travers la règlementation, mais il faut se donner la capacité de pouvoir contrôler cette réglementation parce que, ça ne sert à rien de mettre des lois, si derrière on n’a pas les instruments pour pouvoir appliquer ces lois et protéger les consommateurs et les citoyens», souligne-t-il. Non sans ajouter qu’il faut qu’en matière de gouvernance du commerce électronique de façon générale, l’Afrique puisse avoir une stratégie cohérente. «Il y a un enjeu qui se joue et si l’Afrique ne réagit pas, elle sera marginalisée comme elle l’a toujours été», conclura Ibrahima Nour Eddine Diagne.
mfkebe@lequotidien.sn

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