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Pour un véritable essor du secteur touristique, ce ne sont pas les idées qui manquent. Les acteurs du secteur, en conclave à Saly, ont réfléchi sur la question et préconisé des pistes de solution.

Le monde des acteurs du secteur touristique a sa petite idée pour trouver des solutions aux maux qui plombent le véritable envol de leur domaine d’activité. Réunis pendant trois jours dans un hôtel de Saly Portudal, ces acteurs, après voir diagnostiqué les problèmes du milieu touristique, préconisent un certain nombre de solutions. L’on note qu’ils prônent une diversification de l’offre, le développement des marchés niches, l’identification des zones à actions intégrées. A travers des documents parvenus hier au journal Le Quotidien, ces acteurs du tourisme suggèrent aussi de «veiller à la chaîne des valeurs», c’est-à-dire de «massifier les produits en développant plusieurs gammes». Mais également de «créer des infrastructures massives (comme) les parcs d’attraction et les boutiques» afin de «créer de la valeur élevée».
Doudou Gnagna Diop, président de l’Organisation nationale pour l’intégration du tourisme sénégalais (Onits), qui a pris part au conclave de Saly, est d’avis que «relancer le tourisme, c’est aussi faire une vraie politique de prix et de compétitivité avec le marché national». D’autant qu’à ses yeux, «le développement du tourisme intérieur est la clef de voûte de notre réussite dans ce secteur organisé en intégration verticale et qui ne nous donne pas accès à  sa maîtrise et à la base de données en termes de valeur ajoutée». M. Diop reste persuadé que «le secteur privé national a une large responsabilité pour que ça marche comme dans tous les pays à vocation touristique». Le président de l’Onits pense pouvoir «contribuer (à) l’élaboration de formules pour accompagner le projet novateur du développement du tourisme intérieur mis au point lors de notre premier salon Mboka en 2007 à la place de l’Indépendance».
Maximiser la valeur ajoutée du tourisme en réduisant les taxes et en travaillant avec les produits locaux figure aussi dans la liste des solutions énoncées par ces acteurs du secteur touristique. Qui militent pour la réalisation par le pays de sa propre marque «Sénégal» qui demeure «une attente» à laquelle le client va adhérer.
«Se donner toujours l’impression d’avoir ou d’être : c’est la notoriété», fait-on remarquer. Avant de préciser : «La destination doit créer sa notoriété, obtenir quelque chose à partir de rien.»
Le ministère du Tourisme est aussi attendu dans la coordination «en créant des énergies, des différences en s’appuyant sur la qualité et l’efficacité, puis sur la perception et la satisfaction».
Innover en permanence doit demeurer le rôle des acteurs du tourisme. Ces derniers se doivent, d’après les participants aux assises de Saly Portudal, de «créer de l’émotion, (d’) être différents, (de) segmenter l’activité, (de) créer des thèmes…».
Conscients que «le tourisme durable et responsable» demeure «un des fondements essentiels d’un développement économique réussi», les participants au conclave de Saly Portudal ne sont pas loin de penser que «le tourisme durable et responsable» doit répondre aux besoins des touristes, contribuer à l’amélioration des conditions et des niveaux de vie des personnes participant «à son développement et préserver les capacités de développement des générations futures».
Autres solutions considérées comme la «clef de la réussite» pour le tourisme sénégalais : «La différence, connaître sa clientèle et la diversifier, améliorer la chaîne de valeur (et) construire une marque de notoriété.»

Les maux du secteur du tourisme
Les acteurs du secteur touristique n’ont pas manqué de pointer, à propos des maux auxquels fait face leur domaine d’activité, entre autres, «la faiblesse du taux de rétention et de retour (5 à 10%), les impacts négatifs sur l’organisation socio-culturelle et sur l’environnement» qui illustrent «effectivement que notre pays vit un développement touristique mal maîtrisé». Ce qui les pousse à constater que «le développement touristique non ou mal planifié peut se solder par une dégradation du patrimoine naturel et culturel, ainsi que par un bouleversement des traditions et des modes de vie des populations locales».
Deux questions fondamentales demeurent sur le plan spatial, au regard des remarques faites au conclave de Saly Portudal. Il s’agit des «aménagements ‘’enclavés’’ coupés des activités locales qui monopolisent l’espace» et «des aménagements ‘’intégrés’’ qui restent en harmonie avec l’espace traditionnel».
Par ailleurs, il a été fait état d’un «contrôle de la quasi-totalité de l’hôtellerie par l’exogène». Ainsi, l’on indique que «50% des recettes retournent à l’étranger», tandis que «les dépenses accessoires du tourisme reviennent totalement aux populations locales». Conséquence : on note «un taux de retour assez faible pour booster (le touristisme) et financer sa promotion».
mdiatta@lequotidien.sn

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