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Beaucoup de communes sont aujourd’hui confrontées à un réel problème de gestion des boues de vidange. Faute de stations de traitement, une bonne partie des ménages des collectivités territoriales font recours à des camions de vidange non agréés ou à des vidangeurs manuels, communément appelés «Baye pelles». Le lieu de déversement des boues est fonction des modes de vidange. Les vidangeurs ont alors la latitude de déverser les boues à n’importe quel endroit, au mépris de toute précaution de protection des populations riveraines et du milieu récepteur. En effet, dans ces localités intermédiaires du Sénégal, c’est-à-dire les zones non couvertes par les services de l’Office national de l’assainissement du Sénégal (Onas), il n’y a pas de dépotoirs réglementés avec tout ce que cela comporte comme conséquences sur les plans sanitaire, environnemental.
Face à cette situation, le Programme solidarité eau (Ps-Eau), en partenariat avec Eau-vive, l’Institut des sciences de l’environnement (Ise), le Gret et le Congad, s’est engagé, dans le cadre du Programme de recherche action pour le développement de l’assainissement dans les localités intermédiaires du Sénégal (Pradalis), à accompagner ces localités. Cela, en mettant en place un guide méthodologique pour le développement et le suivi d’un service d’assainissement dans les collectivités territoriales qui ne sont pas prises en charge par l’Onas. Ce guide, assure Dame Ndiaye, représentant Ps-Eau au Sénégal, sera le support des formations au profit des organisations de la société civile et collectivités territoriales qui seront réalisées en juillet 2019. M. Ndiaye explique que «si on laisse continuer ce processus sans accompagner les communes, sans accompagner les ménages à avoir des camions de vidange adaptés pour transporter les boues dans des centres adaptés, les conséquences seront incommensurables». Il juge également nécessaire de réfléchir sur une approche filière adaptée, c’est-à-dire de voir comment accompagner ces localités à avoir des ouvrages adéquats en termes d’accès à l’assainissement, mais aussi avoir des équipements pour vidanger les fosses une fois pleines.
Le Pradalis a été financé à hauteur de 200 mille euros, environ 130 millions de francs Cfa, par l’Etat du Sénégal, via le Pro­gramme d’appui aux initiatives de la société civile (Paisc), en partenariat avec l’Union européenne, dans le cadre du 10e Fonds européen de développement (Fed).
dialigue@lequotidien.sn

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