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Dans un rapport rendu public à l’occasion du Forum économique mondial de Durban, la Banque mondiale invite les pays africains à stimuler la productivité sur le continent pour faire face aux défis que pose la croissance démographique.

Des réformes urgentes pour stimuler la productivité, c’est ce qu’il faut au continent africain. Le Rapport 2017 sur la compétitivité en Afrique a livré cette conclusion à l’occasion du Forum économique mondial de Durban en Afrique du Sud. Pourtant, souligne le rapport, la population de l’Afrique, jeune et dynamique, a le potentiel d’être le moteur du renouveau économique dans la région. «Pour les dirigeants africains, le problème est encore aiguisé par l’expansion démographique rapide qui devrait voir la population active augmenter de 450 millions de personnes au cours des deux prochaines décennies. En l’état des politiques actuelles, seuls 100 millions d’emplois pourraient véritablement voir le jour au cours de cette période.» Klaus Tilmes, directeur au pôle mondial d’expertise en commerce et compétitivité au sein du Groupe de la Banque mondiale et qui a participé à la rédaction du rapport, souligne que «pour répondre aux aspirations de leurs populations de jeunes en plein essor, les gouvernements africains feraient bien de promulguer des politiques qui améliorent les niveaux de productivité et l’environnement économique du commerce et des investissements».
Pour Richard Samans, directeur du Center for the global agenda et membre du Conseil d’administration au sein du Forum économique mondial, «éliminer les obstacles qui empêchent l’Afrique de réaliser son potentiel en matière de compétitivité est la première mesure nécessaire pour parvenir à un progrès économique plus soutenu et à une prospérité partagée».
Le rapport propose ainsi un certain nombre de mesures. A court terme, il faut donner la priorité aux réformes spécifiques à chacun des secteurs à forte intensité de main-d’œuvre comme l’agroalimentaire, la construction et les micro-entreprises, souligne le rapport. Un soutien ciblé aux régions et/ou aux populations vulnérables dans les pays les plus fragiles et des politiques d’ouverture commerciale pour favoriser l’intégration économique régionale sont également proposés. En outre, le rapport recommande de développer les maillons des chaînes de valeurs vers le secteur des industries extractives pour encourager la diversification dans les pays riches en ressources minières et d’augmenter la construction de logements grâce à l’investissement, à une meilleure planification urbaine et à moins de bureaucratie.
Dans le long terme, la Banque mondiale, la Banque africaine de développement (Bad) et le Forum économique mondial, qui ont conjointement produit ce rapport, préconisent le renforcement des institutions comme un prérequis pour favoriser une politique de mise en œuvre plus rapide et plus efficace. «Par le passé, l’échec de la mise en œuvre a souvent été attribué à la faiblesse des institutions», note le document. Améliorer les infrastructures pour favoriser des niveaux plus élevés d’échanges et de croissance des activités, adopter plus largement les technologies, développer les compétences requises pour rester compétitif dans un paysage économique mondial en constante et rapide évolution sont les autres solutions proposées.
mamewoury@lequotidien.sn

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