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Oumar Ba, maire de Ndiob, département de Fatick, plaide pour une territorialisation de la Grande muraille verte.

Territorialiser la Grande muraille verte (Gmv) pour impliquer davantage les collectivités locales : C’est le plaidoyer du maire de la commune de Ndiob, département de Fatick. Oumar Ba, par ailleurs président du Conseil de surveillance de l’Agence sénégalaise de la reforestation et de la grande muraille verte (Asrgmv), prenait part hier, à Thiès, à l’atelier d’échange, de réflexion et de conception du programme dénommé «Renforcement institutionnel de l’Agence panafricain de la grande muraille verte (Apgmv) et des structures nationales de la Gmv par la mise en œuvre d’initiatives climatiques et diffusion des enseignements de restauration réussis», financé par la Fao. «Dans une logique de recherche d’efficacité et d’une démarche inclusive, on ne peut se passer de l’implication des collectivités territoriales.» En clair, dit l’élu local, «pour qu’on puisse véritablement construire la Gmv et atteindre nos objectifs, il faut qu’il y ait un plan d’actions territorialisé puisqu’elle ne se construit pas à l’air ; elle se construit sur des territoires». Lesquels territoires, poursuit-il, «sont organisés et portent des projets de développement». Il pense que «la mission importante des responsables de la Gmv doit consister à voir comment articuler les objectifs de l’agence avec les plans de développement communaux conçus et mise en œuvre par les communes». Cela permettra d’atteindre plusieurs objectifs. Il s’agit notamment «de la mobilisation des ressources par la collectivité locale impliquée. Elle mettra des ressources, pas seulement financières, dans le cadre de son budget, mais également des ressources humaines, vu que le territoire ou la commune et le département sont plus outillés pour faire de la mobilisation populaire et impliquer les acteurs à la base dans le reboisement». Le président du Conseil de surveillance de l’Asrgmv fera surtout remarquer que «si on pense qu’on peut construire la Gmv par un simple apport de ressources extérieures qui n’est pas bien articulé avec les acteurs locaux, je pense qu’il y aura beaucoup de pertes de temps et de ressources». Pour simplement dire que «toute l’ingénierie aujourd’hui doit consister à trouver les mécanismes par lesquels on peut territorialiser les objectifs de la Gmv en termes d’actions, mais aussi comment articuler lesdits objectifs au plan de développement mis en œuvre par les communes traversées par la Gmv».
A sa suite, le directeur de la Gmv, colonel Gora Diop, de revenir sur le programme de résilience au niveau de la Grande muraille verte avec l’accompagnement de la Fao dans le cadre du Fonds vert climat. Ledit programme concerne 6 pays, notamment le Sénégal, le Niger, le Nigeria, le Burkina Faso, le Mali et le Tchad.

Créer des pôles de développement économique…, vision de la Gmv
«Spécifiquement pour cette journée, nous allons réfléchir sur la composante 3 qui concerne le renforcement institutionnel au niveau de l’Apgmv et des agences nationales pour prendre en compte la dimension climatique pendant ces 10 années», indique le colonel Diop. Qui ajoute que «la Gmv en tant que tel est une vision. Et c’est de créer des pôles de développement économique, social, environnemental dans un modèle de développement durable dans un contexte de changement climatique et de lutte contre la désertification». Ainsi, annonce-t-il qu’une enveloppe de 100 milliards de francs Cfa est destinée à ce projet. Laquelle enveloppe va permettre de prendre en compte 3 composantes. Il s’agit, cite-t-il, «de la restauration des terres. Cela va nous permettre d’avoir de terres beaucoup plus productives» parce qu’à l’en croire, «l’étude de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie a montré qu’il y a une perte de 550 milliards de francs Cfa due à la dégradation des terres au Sénégal». Et s’agissant de la deuxième composante qui concerne les chaînes de valeurs, l’officier supérieur rappelle que «la Gmv s’est caractérisée par la gomme arabique que l’on appelle acacia Sénégal, le soump ou balanites aegyptiaca, le sidem ou ziziphus mauritiana…». Et de rappeler que «le Sénégal fut premier producteur mondial de gomme arabique». Il espère qu’avec cette deuxième composante, «le Sénégal va regagner sa place de leader au niveau de la production de la gomme arabique, mais aussi au niveau de la transformation du soump et du sidem».
Pour conclure, le directeur de la Gmv insiste sur la dernière composante qui est celle du renforcement institutionnel afin de mutualiser les moyens et efforts des acteurs. «Nous avons besoin d’avoir des plateformes qui nous permettent de se réunir, des plateformes de suivi et d’indicateurs, parce que nous sommes dans un pays en développement où on gère la rareté des ressources».

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