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Mais pourquoi mon Dieu, nous autres Sénégalais, n’aimons-nous pas nos compatriotes qui réussissent, surtout s’ils sont aisés et qu’ils vivent dans l’ombre ? En triant mes fiches pour écrire ces articles sur nos concitoyens «modèles», ceux qui pourraient nous donner l’exemple et nous montrer le chemin, je m’aperçois une fois de plus, que la haine est un puissant rassembleur ! En cette période d’austérité, l’argent a mauvaise presse et il suffit de parler de réussite, pour que la suspicion s’invite à la table des repas de famille, ou s’installe sur la banquette arrière des taxis où les conversations s’enflamment. Dou ma dem, ta ken dou dem ! Pourquoi cela ? Non pas à cause de la pauvreté, les pauvres sont dignes et peu envieux, même si la révolte prend une dimension morale quand on apprend que huit personnes dans le monde détiennent à elles seules la moitié des richesses du globe ! Non, à cause de l’intolérance des hommes, dans un pays tel que le nôtre, comme il le dit lui-même, «friand de rumeurs et de conjectures». Lui, c’est Diagna Ndiaye ! Un des Sénégalais en or, président, entre autres titres, du Comité national olympique du Sénégal ! A la manière d’un Zadig ou la destinée au siècle des lumières, du voyage et de la philosophie, ce héros positif navigue dans le tourbillon du monde et devient l’ami des puissants, des grands de cette planète, comme l’incarnation de la Providence, dont les voies restent par ailleurs impénétrables.
Diagna Ndiaye ou encore Mamadou Diagna Ndiaye, est cet homme d’affaires qui gère des entreprises qui pèsent des milliards dans de multiples secteurs industriels et commerciaux… Mamadou Diagne Ndiaye rappelle qu’il voit quand il veut le président de la République, Macky Sall, et bien d’autres chefs d’Etat dans le monde comme Barack Obama en son temps. Une manière de dire qu’il se contente pleinement de son pouvoir d’homme d’affaires et qu’en sa qualité d’homme discret, il n’a point besoin d’apparence politique. Banquier, hier, aujourd’hui et demain, administrateur du Groupe Mimran, directeur d’une banque conseil aux Etats-Unis, résident de Monaco, vivant entre Dakar, Neuilly, Gstaad, New-York et Londres, avec lui, le mot «opulent» prendrait toute sa mesure, tant il rend grâce à Dieu et à la lueur de son front…Oui, il ne doit rien à personne ! Il se déplace souvent en jet privé et se pare en Weston, Cifonelli, Hermès, Rolex ou Patek Philippe. Pourtant, lorsqu’il n’est pas en représentation, ce Sénégalais parmi les plus célèbres au monde affiche sa préférence pour le casual wear.
Nous les non-initiés, on le prendrait même pour un indigent, lorsque dans certaines cérémonies, où le costard cravate est de rigueur, il se présente en chemise et pantalon l’air de rien, et affichant un boul falé* déroutant ! Ça c’est du Diagna, au-dessus des normes!  Diagna Ndiaye, tout le monde connaît son nom mais personne ne le voit… L’homme, comme disent certains, a beau être un «people» et un homme de réseaux, il n’est pas visible, en tout cas, pas dans les clubs, les boîtes de nuit, ni au bras de mannequins à Dakar ou ailleurs. Il préserve sa vie privée. «Quand on est banquier à ce niveau-là, c’est le minimum», dit-il ! Discret et réservé, mais pas pour autant tranquille et épargné ! Tous les fantasmes circulent à son sujet ! Franc-maçon, sans femme et sans enfant, il serait le bras armé de Jean Claude Mimran depuis des décennies, générant illégalement beaucoup de richesses dans l’exploitation des plantations de sucre sur le dos du Sénégal. La faute en reviendrait même à Léopold Sédar Senghor qui aurait signé avec la franc-maçonnerie française un contrat visant à implanter leur grande firme en Afrique Occidentale… «Un funeste pion usé à des fins mercantilistes», peut-on lire sur la blogosphère… Non mais allo ! Alors,  y a-t-il dans ces attaques un fond de vérité, ou n’est-ce que jalousie et méchanceté ?
Loin de moi l’idée d’enjoliver, de sublimer cet homme, que je connais si peu ! Disons, j’en suis convaincue, qu’il s’accommode bien de mon effronterie et de mes questionnements à haute voix, puisqu’il aime son peuple dans sa diversité ! Oui, il aime l’art, la littérature, les bons mots… c’est un épicurien au beau sens du terme, donc il me supporte dans mes défauts ! Difficile donc, alors que j’entreprends une série de portraits de «grands» citoyens sénégalais, sauf à le vouloir expressément, d’éviter le cas Diagna Ndia­ye.  Ma première impression, en me documentant selon diverses sources, me fait penser que c’est par méconnaissance, pour ne pas dire par ignorance que l’on accuse Diagna Ndiaye de certains maux ou défauts imaginaires, et comme il le dit lui-même : «dans nos pays-là, il y a beaucoup de chômage, les gens ont beaucoup de temps pour extrapoler».
En réalité, à y regarder de plus près, cet homme très simple, qui connaît son pays, raffole de sa cuisine et de sa culture, cet esthète à l’âme voyageuse, qui aime le sport, court, joue au tennis, nage, soutient et coache les sportifs de haut niveau, accomplit aussi des choses qui ne sont pas directement liées à son intérêt économique, des choses pour lesquelles il ne perçoit pas de dividendes, parce que son bonheur, dit-il, c’est de rendre heureux les gens autour de lui. Un seul exemple, et j’avoue le découvrir en écrivant, c’est Diagna Ndiaye qui est au cœur du dossier des logements sociaux pour reloger les sinistrés des récentes intempéries dans le pays. C’est lui qui est à l’origine de la concrétisation de ce projet en levant des fonds grâce au carnet d’adresses le plus garni du pays. «La confiance, la loyauté et le sérieux sont la trinité d’une belle association», aime à dire Diagna Ndiaye au sujet de sa gestion du très influent groupe Mimran. Dans une interview récente à Dakaractu, il précise : «Un Groupe de premier plan, leader dans son secteur d’activité et animé de patriotisme économique, est toujours en relation avec les décideurs politiques du pays où il exerce son activité. Au Sénégal, en France, comme en Chine… Que ces contacts puissent, éventuellement, prendre un tour plus personnel relève, pour un peu, de l’alchimie et, pour beaucoup, des circonstances». Alors, quelles relations entretient notre homme avec la politique ?
Il loue Léopold Sédar Senghor pour son esprit d’organisation et de méthode, Diouf pour son panache dans la conduite des affaires, Wade pour son goût de l’action et son sens de l’autorité. Quant à Macky Sall, qui a fait de lui un ministre conseiller, qu’en pense-t-il ? Il nous faudra peut-être attendre quelques années pour s’en faire une idée. Une chose est sûre cependant, c’est que notre Macky, notre sioux incorrigible au flair légendaire, ne s’est pas trompé en s’entourant de ce conseiller. Un seul regret néanmoins, s’il n’y a pas beaucoup de place pour une vie mondaine dans l’agenda de Diagna Ndiaye, j’espère qu’il en trouvera davantage pour s’engager dans la destinée et l’émergence de son pays et de ses entrepreneurs.
Si comme le Zadig de Voltaire, notre homme parvient à concilier liberté et déterminisme, il ne fait aucun doute que la vertu (Zadig) l´emportera sur le mal (l´en­vieux) et que tout se terminera très bien à la fin. Pour cela, il nous faudra encore retrouver l’audace, l’orgueil et l´optimisme qui nous font souvent défaut, à nous, les Sénégalais. Aussi, je préfère laisser à notre éminent con­citoyen le mot de la fin : «Cha­que pas vers une victoire pour le peuple africain, est une fierté». Sacré Diagna dites-vous !
Oumou WANE
Présidente africa7

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