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Les créateurs et artistes ont manifesté leur volonté de répondre à l’appel du Président Sall. Ces producteurs et porteurs d’œuvres créatives refusent de croire que les termes de référence déjà définis les excluent de ces assises.

Le dialogue national démarre aujourd’hui avec toutes les chapelles politiques du pays. Mais toutes les franges de la société ne se sentent pas suffisamment impliquées. C’est le sentiment qui se dégage de l’appel lancé par les acteurs culturels. Sous la bannière de la Plateforme des créateurs et artistes, le comédien Pape Faye, président national de l’Association des artistes comédiens du théâtre sénégalais (Arcots), et Amadou Lamine Sall, fondateur de la Maison africaine de la poésie internationale (Mapi), «s’engagent et demandent à faire partie du dialogue national abusivement étiqueté ‘’politique’’, afin d’y apporter leur touche, leur sensibilité, leur vouloir de vivre en commun». Dans l’appel qu’ils ont rendu public, ces deux acteurs s’adressent directement au président de la République Macky Sall. «Nous avons pensé qu’il était enfin temps que les créateurs et artistes apportent leur pierre à ce qui doit être, sans tarder, un franc, courageux, responsable dialogue national avec tous les enfants du Sénégal. Nous sommes tous des politiques. Refuser de l’être, c’est ne pas assumer sa citoyenneté ! Nul ne doit trahir sa mission», écrivent-ils. Par ailleurs, la plateforme des créateurs et artistes tient à rappeler qu’elle ne parle pas au nom de ses membres. «Par respect de la liberté d’autrui, nous ne parlons pas ici au nom de tous les créateurs et artistes, car tous n’ont pas les mêmes convictions et les mêmes postures.» Raison pour laquelle elle invite les autres créateurs et artistes à se joindre à elle et mêler leur voix au dialogue national.
Poursuivant, Pape Faye et Amadou Lamine Sall informent avoir appris dans la presse que dans la cadre du dialogue national, les termes de référence ont été adoptés sous réserve de certains amendements. «Il s’agirait de l’évaluation de la Présidentielle, la date des élections locales, le statut de l’opposition, le financement des partis politiques, entre autres… Si en vérité ce n’était que cela, il s’agirait d’un dialogue purement politique, exclusif et non d’un véritable dialogue national. Dans cette optique, on ferait mieux de laisser seuls les lions d’un même taillis. Nous donnerions plutôt raison au ministre d’Etat Mahmoud Saleh qui déclare ceci : ‘’(…) le dialogue national constitue une exigence démocratique qui engage les différentes composantes de notre société’’. Vu sous cet angle, la communauté créative et artistique fait bien partie de ces ‘’composantes de notre société’’ et souhaite ne pas enterrer sa prise de parole.» Les deux acteurs culturels appellent leurs compères, partageant leurs convictions, à les rejoindre «pour aider notre cher pays à conquérir des territoires de paix, d’entente, de solidarité, de consensus, de renforcement de notre démocratie, de nos libertés, de nos droits, de nos rêves de justice, d’égalité, de partage, de développement».
Stagiaire

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