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La mission de Famara Ibrahima Sagna, c’est de fabriquer un programme pour le Président Macky Sall. C’est la conviction de Ousmane Sonko qui dénonce la «duplicité» et «l’incohérence» de certains opposants ayant participé au dialogue national.

Le président de Pastef/Les Patriotes ouvre le feu sur Macky Sall et son dialogue national. Sapé d’un costume gris, cravate noire impeccablement ajustée, Ousmane Sonko considère les concertations ouvertes au Palais, la veille, mardi, comme une «mise en scène». «Ce dialogue est une manœuvre et une caution que Macky Sall cherche d’obtenir un second report des élections locales, après le premier qui a fait passer la date de juin à décembre 2019, d’obtenir le report ultérieur des élections législatives et de probables velléités de modification de la Constitution pour permettre de maintenir le Président en exercice au terme de son second et dernier mandat», a analysé Sonko lors d’un point de presse, mercredi, après des mois de silence. L’ex-candidat arrivé 3ème à la dernière Présidentielle avec 15,67% considère que Famara Ibrahima Sagna va conduire un «gouvernement bis». Car, selon Sonko, l’actuel gouvernement ne sert plus à rien. «La mission de Famara Ibrahima Sagna, c’est de fabriquer un programme parce que, quand l’exercice de ce genre englobe les questions politiques, économiques et sociales, il s’agit de fabriquer un programme à la place du Plan Sénégal émergent. Désormais, nous devons considérer que la manœuvre qui consiste à supprimer le poste de Premier ministre devait aboutir à désigner un gouvernement informel qui sera un panier à salade où on va trouver tout et rien. Et ce gouvernement informel est chargé aujourd’hui de fabriquer un programme de gouvernement pour Macky Sall, pour le partage du gâteau étatique», dit-il.

«Ces opposants partis au dialogue sont en collusion avec Macky»
Au-delà de Macky Sall, le député non-inscrit dénonce la «duplicité et l’incohérence» de certains membres du Front de résistance nationale (Frn) qui ont participé à la rencontre. «Vous ne pouvez pas aboyer il y a quelque temps, pour dire que nous ne reconnaissons pas le président de la République, et être les premiers à vous bousculer pour dire : ‘‘Oui, M. le Président par-ci, et M. le Président par-là.’’ Ils sont tous heureux de serrer la main du Président pour retrouver certaines positions», regrette-t-il. Ousmane Sonko dit, cependant, «respecter la liberté des organisations politiques à faire leurs choix». Mais, estime-t-il, «aller au dialogue, c’est être en collusion avec Macky Sall afin d’avoir une position d’intégrer son gouvernement délégué dirigé par Famara Ibrahima Sagna». Si le Président Sall «peut capter une certaine opposition qui n’attendait qu’un clin d’œil», Sonko le prévient «qu’il aura devant lui une opposition radicale». Pour lui, Macky Sall est un «Président faible qui n’est fort que lorsqu’il s’agit de mater l’opposition et qui courbe l’échine face aux étrangers». Un homme, ajoute-t-il, dont la «parole ne vaut pas un kopek».
bgdiop@lequotidien.sn

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