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Ndamal-Cadior n’est pas à sa première et ne s’avoue jamais vaincu, en dépit de sa perte constante de popularité consécutive à son passé cahoteux qu’il cherche à rattraper par des moyens hérétiques. Aucune occasion religieuse symbolique n’est épargnée, fut-elle la Korité , instant de bienfaisance et de pardon envers son prochain, pour tirer à boulets rouges sur tout ce qui bouge, même s’il s’agit d’initiatives pour la bonne gouvernance des ressources pétrolières et gazières existant dans notre off-shore depuis la nuit des temps, que le hasard du calendrier vient aujourd’hui nous révéler.
Tel un assoiffé du pouvoir qui perd la raison, Ndamal-Cadior multiplie les déclarations incendiaires de tous genres, au fur et à mesure que la Présidentielle approche, comme si le verbiage pouvait changer le déterminisme à la base de l’évolution.
Cette course effrénée contre la montre pour une ascension au sommet démontre une psychose obsessionnelle du pouvoir et une volonté de rattraper le temps perdu par des procédés non orthodoxes ou superstitieux qui lui valent de plus en plus une impopularité grandissante, at­tes­tée par les élections auxquelles il a participé depuis qu’il est au rôle politique.
Nous pouvons dire que Ndamal-Cadior est à l’image d’une industrie de fabrication en série de paroles orientées vers la médisance, la manipulation, la diabolisation afin d’exercer à distance une influence maléfique sur des personnes qui l’empêchent de dormir, en espérant tirer du stratagème un ascendant proche de la fascination sur la volonté, l’esprit et les sentiments des populations. Le diable est le personnage mythologique malfaisant qui divise et qui désunit pour répandre le mal en agissant auprès des hommes par la tentation. Ainsi, l’«endiablement» relevant de l’exorcisme devient pire que le machiavélisme qui utilise de procédés politiques perfides ou hypocrites du fait de son caractère hétérodoxe.
De la Mecque pour le petit pèlerinage, après ses déclarations fracassantes sur les lieux saints de l’islam ou dans d’autres endroits symboliques à l’étranger (il ne reste que le mur de lamentations ou le Vatican), Ndamal-Cadior surfe sur la croyance des hommes pour en tirer des bénéfices politiques. Au sortir de visites de certains khalifats dans notre pays, il s’adonne à son jeu d’élucubration pour atteindre les fibres d’appartenance confrériques des populations pour son compte politique.
Notre Constitution interdit l’utilisation des croyances religieuses, des ethnies ou tout ce qui divise comme instruments politiques, mais Ndamal-Cadior n’en a cure. Nous nous souvenons du déluge qui s’est abattu sur lui à la suite de ses déclarations incendiaires sur les lieux saints de l’islam qui lui ont valu des excuses publiques.
Non satisfait de ces déviations, il multiplie les déclarations incendiaires au sortir toujours de lieux symboliques (mosquée «moussanté» de Thiès), après la prière de la Korité, pour fustiger l’initiative d’un dialogue national sur le pétrole et le gaz en émettant des conditionnalités aussi surnaturelles le unes que les autres. Cette posture nihiliste atteste encore sa manie de s’éloigner toujours du réel en agissant sur l’imaginaire des Sénégalais pour les tromper, au-delà des aspects programmatiques essentiels.
Tout d’abord, Ndamal-Cadior qualifie le Président Macky Sall d’un homme «qui ne respecte pas sa parole», en faisant allusion aux propos de campagne électorale de la Présidentielle en 2012 sur le quinquennat. La parole donnée en politique ou de toute autre promesse pourrait s’avérer inapplicable lorsqu’en l’occurrence toutes les conditions ne sont pas encore réunies le moment venu. Ici, c’est l’intention qui vaut l’action, matérialisée outre mesure dans les propositions de réformes constitutionnelles au Référendum de 2016, relatives notamment à l’application du quinquennat sur le mandat en cours et rejetée expressément par le Conseil constitutionnel. Au demeurant, ni la doctrine en ce qui concerne le principe de la non-rétroactivité des lois ni la jurisprudence pour tous les Présidents élus sous un régime d’un septennat ne pouvaient permettre l’application d’un quinquennat au mandat en cours, et à l’impossible nul n’est tenu. Cependant, pour tous les mandats suivants, la clause d’éternité est venue régler cette instabilité juridique, constituant ainsi un important progrès démocratique. Tous les politiciens qui utilisent le non-respect de la parole donnée s’agissant du quinquennat lui font mauvaise querelle afin de faire admettre faussement une représentation imaginaire négative de la personne dans les consciences populaires.
Ndamal-Cadior franchit le Rubicon lorsqu’il préconise la dissolution de Bby. Qu’est-ce que diantre la coalition Bby vient-elle faire dans un dialogue national inclusif, citoyen sur le pétrole et le gaz ? Certainement, les partis politiques comme porteurs d’enjeux doivent être de la partie, mais il est évident qu’il s’agit ici de consultations citoyennes de toutes les forces vives de la Nation sur des problématiques d’intérêt commun. Toutefois, nous comprenons la hantise de l’ancien Premier ministre envers Bby qui l’empêche de dormir et que, tant que cette coalition programmatique et électorale existe, il lui sera difficile d’assouvir ses ambitions, raison pour laquelle il travaille à la division au sein de Bby avec la frange dissidente interne qui a fait mauvaise route. Il en va de même s’agissant du Président Abdoulaye Wade et de Karim Wade, ses pires adversaires d’hier, qu’il ne cesse de convoquer à tout bout de champ dans ses nombreuses sorties, personnages devenus subitement fréquentables pour servir ses stricts intérêts politiques.
Le dialogue national inclusif sur le pétrole et le gaz devrait intéresser tous les Sénégalais, car c’est au terme desdites concertations que la loi d’orientation stratégique sur l’utilisation des ressources, la loi sur le nouveau Code pétrolier et la loi sur l’inclusion des Sénégalais dans tous les processus d’exploitation en amont comme en aval devraient être élaborées pour les générations présentes et futures. Devrait-il y avoir des conditionnalités politiques ou politiciennes sur un dialogue national inclusif, citoyen ? Que non, aucun alibi ne peut prospérer pour rater ce rendez-vous historique et patriotique.
Nous nous apercevons de l’existence d’une pensée dans laquelle sont transposées des représentations imaginaires qui relèvent de l’esprit surréaliste. A ce titre, la préoccupation fondamentale de l’homme «surhumain» restera toujours de tenter de démontrer une position dominante dans l’action collective qui le place devant une posture permanente à la marge des réalités. Si bien que la volonté politique qui en résulte s’écarte de l’ambition de réaliser des sauts qualitatifs pour dériver vers un culte de la personnalité, traduisant bien une faculté chez eux que tout ce dont ils ne sont pas les auteurs n’est point pertinent, ou à tout le moins insuffisant. En effet, le mode opératoire consécutif à cette forme de pensée à la base d’un style particulier de l’homme politique s’articule à travers l’existence d’un réflexe primaire nihiliste qui se traduit par la remise en cause systématique de réalisations accomplies par les autres, sans la matérialité d’une alternative crédible de substitution.
Le cheminement politique inconstant, incohérent et non programmatique de Ndamal-Cadior au point de prendre les Sénégalais pour des amnésiques démontre sa volonté cardinale de pactiser au besoin avec le diable pour atteindre ses objectifs politiques, au mépris des valeurs qui fondent notre commun vouloir de vie commune.
Kadialy GASSAMA
Economiste
Rue Faidherbe X Pierre Verger
Rufisque

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