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Ousmane Sonko a rendu visite à Abdoulaye Wade jeudi dernier. Il a été question de la «gestion familiale des ressources naturelles» par le chef de l’Etat. Mais aussi du dialogue national et du report des Locales. Sur ce point, le secrétaire général du Pds a dénoncé le «comportement» de l’opposition qui, pour lui, «ne doit pas servir de caution» à Macky Sall.

A ce rythme, on pourrait parler de «fiche d’audience de l’ancien Président», comme les «fiches d’audience du Président». Après Alioune Tine, Abdoulaye Wade a reçu Ousmane Sonko et le journaliste Adama Gaye. Un communiqué du Pds rapporte que le leader du Pastef dit être venu recueillir les «conseils avisés d’un  grand père» et «échanger avec lui sur la situation nationale, mais aussi sur différentes autres thématiques d’ordre intellectuel». Il soutient avoir trouvé en Wade «un homme très généreux qui a capitalisé beaucoup d’expériences dans divers domaines et avec qui il a pris plaisir à échanger pendant plus de 3 tours d’horloge». Mais l’ex-candidat à la Présidentielle du 24 février 2019 indique que ses relations avec le prédécesseur de Macky Sall vont «au-delà de la politique», parce que «empreintes d’affection mutuelle, de respect, d’admiration et de confiance». Et il a rappelé que son hôte «demeure le meilleur Président que le Sénégal ait connu, car il a su à chaque fois dire non à l’impérialisme». Cette audience a eu lieu dans le contexte du scandale présumé sur les contrats pétroliers et gaziers attribués à Petro Tim et dans lequel Aliou Sall est cité. C’est ce qu’ils appellent «la gestion familiale du pétrole et celle des autres ressources naturelles par l’actuel Président». Pas plus sur ce dossier qui défraie la chronique depuis le 2 juin après les révélations de la Bbc. Du moins, c’est ce qu’indique le communiqué.

«Des programmes
de résistance pour le respect du calendrier républicain»
En revanche, Sonko et Wade ont été plus clairs en ce qui concerne le dialogue national auquel ni Pastef ni le Pds ne participent. Sur cette question, ils sont sur «la même longueur d’onde». En effet, ils considèrent que la participation de l’opposition à ces concertations lancées par Macky Sall «la détournera des vraies difficultés des populations qui subissent déjà de fortes hausses décidées par le gouvernent sur les prix des produits de première nécessité». Sous ce rapport, ils comptent «établir ensemble des programmes de résistance pour le respect du calendrier républicain», alors que la Commission du dialogue a décidé de reporter les élections locales après un «consensus fort» entre les parties prenantes au dialogue. Me Wade a déploré le «comportement de l’opposition qui est vite allée répondre à l’appel de Macky Sall sans se poser des questions sur les enjeux de ce dialogue». Mieux, souligne-t-on, le secrétaire général du Pds «s’est même interrogé sur la bonne foi de ceux qui, dans cette opposition, semblent abandonner le combat pour le rétablissement de Khalifa Sall et de Karim Wade dans leurs droits qui leur ont été ôtés par la seule volonté de Macky Sall». Me Wade pense que «l’opposition ne doit pas servir de caution» au chef de l’Etat. Sonko, quant à lui, indexe les différentes politiques menées par le chef de l’Etat ces dernières années et qui ont «fini d’installer notre pays dans des situations économiques, sociales et politiques dif­ficiles». Par ailleurs, le leader de Pastef a qualifié Karim Wade de «patriote». «Il pouvait choisir de se consacrer exclusivement à son devenir et à celui de sa seule famille parce qu’il en a largement les moyens et qu’il aurait pu vendre ses compétences en se consacrant uniquement à sa famille. Mais il a préféré, malgré les multiples obstacles, s’investir activement dans le combat pour des changements aujourd’hui indispensables pour sauver le Sénégal», a-t-il expliqué.
C’est donc le deuxième face-à-face entre Sonko et Abdoulaye Wade. Candidat à la dernière Présidentielle, le leader de Pastef avait écourté sa campagne pour rencontrer Abdoulaye Wade. Une audience très médiatisée du reste parce que dans un contexte où tous les quatre candidats de l’opposition rêvaient d’une consigne de vote puisque le Pds n’avait pas de candidat. Le rapprochement se poursuit entre le vieux et le jeune.
hamath@lequotidien.sn

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