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Le Général Mamadou Niang a dirigé le dialogue politique avant sa mort.

C’est l’homme de l’année, parce qu’il n’a laissé aucun domaine. La politique aussi, d’habitude bruyante, s’est vue imposer un silence pendant près de 8 mois. Elle a observé une distance physique avec des activités politiques reportées ou rangées, des échéances électorales renvoyées aux calendes grecques. Le Covid-19 a provoqué des retrouvailles et une recomposition.

Au moment où survenait le premier cas positif au Covid-19 le 2 mars 2020, le dialogue national, surtout dans son volet politique, avait quand même enregistré des points d’accord avant sa suspension. Mais dans un contexte aussi sensible avec la montée du stress sanitaire, économique et social, la commission dirigée par le Général Mamadou Niang a fini par suspendre toutes ses rencontres. Elle n’a même pas tenté les réunions virtuelles, pourtant très à la mode, pour rester dans les délais. Cette longue pause avait inquiété plus d’un parce que des conclusions de ces concertations dépendaient la tenue ou non des élections locales envisagées au plus tard le 28 mars 2021. Les travaux ont repris en août alors que les cas de contamination au Covid-19, connaissaient une tendance baissière. Et en septembre, la Commission politique du dialogue national (Cpdn) a remis un rapport spécial au président de la République. Parmi les points d’accord, il y a, en plus du report des élections locales qui devaient se tenir le 1er décembre 2019, l’audit du fichier électoral par un cabinet indépendant, l’évaluation du processus électoral de la refonte partielle de 2016 à la Présidentielle de 2019 par un cabinet indépendant, l’élection au suffrage universel direct des maires et des présidents des conseils départementaux, le renforcement des conditions de création d’un parti politique, l’accord sur le principe du financement public des partis politiques, etc. L’on retiendra particulièrement la suppression du parrainage pour les élections locales qui, tout de même, fait partie des points à rediscuter, tout comme le bulletin unique. C’est que la collecte et la vérification des signatures d’une vingtaine de candidats ont été si fastidieuses pour la Présidentielle qu’il serait plus compliqué pour des milliers de listes candidates. Le Général Mamadou Niang, rappelé à Dieu le 28 décembre, ne remettra malheureusement pas le rapport définitif au chef de l’Etat. Le Général Mamadou Niang, rappelé à Dieu le 28 décembre, ne remettra malheureusement pas le Rapport définitif au chef de l’Etat.

La suppression des villes
Le chef de l’Etat n’aura son rapport final qu’après les conclusions de l’audit du fichier et de l’évaluation du processus électoral, deux exigences de l’opposition. Et il fallait, comme souvent, attendre d’avoir l’appui des partenaires techniques et financiers. Ce qui ne s’est fait que dernièrement et qui, inéluctablement, dicte un énième report des élections locales. Depuis un certain moment d’ailleurs, des voix autorisées du pouvoir ne cessent d’aller dans ce sens. La dernière en date était celle du directeur de Cabinet du chef de l’Etat, Mahmoud Saleh. Mais le dimanche 13 décembre, le ministre en charge des Collectivités territoriales a envoyé un message très fort qui «reporte» les Muni­cipales et Départe­mentales. En effet, Omar Guèye a annoncé la nécessité d’une révision du Code général des collectivités territoriales qui portera sur la suppression des cinq villes que sont Dakar, Pikine, Guédia­waye, Rufisque et Thiès pour en faire des départements. D’aucuns estiment que cette trouvaille du pouvoir vise Khalifa Sall, potentiel adversaire de la majorité présidentielle dans la capitale. La question qui se pose aujour­d’hui est moins la date des élections territoriales que la prorogation des mandats des élus ou l’installation de délégations spéciales. Parce que, de toute façon, cette réforme semble dépasser un simple ballon de sonde.

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