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Majorité, opposition et non-alignés ont étalé de nouveau leurs divergences sur la question du parrainage hier, lors de la reprise des concertations sur le processus électoral. Les différents pôles se retrouvent demain.

Après 3 semaines de suspension, les concertations sur le processus électoral ont repris hier à la direction générale des Elections. Sans beaucoup d’avancées, car l’opposition et les non-alignés ont rejeté de nouveau la proposition de la majorité relative au système de parrainage élargi aux partis politiques. Si cette donne ne concernait que les candidats indépendants, la majorité l’a proposée pour réduire le nombre de candidats. Cependant, l’opposition incarnée par les partis de Modou Diagne Fada, de Abdoulaye Baldé, de Moustapha Guirassy, entre autres, voit dans la démarche du pouvoir des objectifs «inavoués». «Nous n’avons pas les mêmes charges, ni les mêmes procédures (les partis et les indépendants). Ce sont des personnes morales et des personnes physiques. Forcément, le traitement ne peut pas être le même. Mais nous craignons dans cette proposition un moyen de liquidation ou de censure de certaines candidatures. Nous ne sommes pas rassurés», regrette Ndiawar Paye, mandataire du pôle de l’opposition joint par téléphone.

Déthié Faye, non-aligné : «Eviter ce qui était arrivé à Youssou Ndour»
Son collègue, plénipotentiaire du groupe des non-alignés, surfe dans le même ordre d’idées en parlant de «recul démocratique». Au bout du fil, Déthié Faye argumente : «Cela signifie que demain, si un candidat pourrait créer des difficultés à la majorité, la pression pourrait être faite sur le Conseil constitutionnel pour que sa candidature soit invalidée comme ce fut le cas en 2012 avec Youssou Ndour.» D’après lui, cette proposition «remet en cause l’essence» des partis politiques. «Lorsqu’on dit que ce ne sont plus les partis politiques qui investissent les candidats, mais les citoyens qui vont donner un certain nombre de signatures, on signe l’arrêt de mort des partis», poursuit M. Faye, également leader de la Convergence pour la démocratie et la République (Cdr/Fonk sa kad­du).

Ousmane Badiane : «Le parrainage est la question principale de cette revue»
Dans le camp de la majorité, on rejette ces accusations en rappelant les difficultés aux dernières Législatives. «L’opposition exige le retrait de la question du parrainage. Nous, au niveau de la majorité, avons dit niet parce que le parrainage est la question principale de cette revue. Au regard des expériences des dernières Législatives avec 47 listes, si on doit reconduire cela à la Présidentielle, ce serait très grave. Il faut trouver un moyen de limiter le nombre de candidats parce que la caution seule ne suffit pas», explique Ousmane Badiane du pôle de la majorité qui parle de «discrimination positive» en faveur des partis politiques. Mais pour Ndiawar Paye, le parrainage est une «question nouvelle qui va modifier substantiellement» le Code électoral et «mérite d’être discutée de façon approfondie».
Finalement, le président du Cadre de concertation sur le processus électoral (Ccpe), Saïdou Nourou Ba, a décidé de suspendre les travaux qui vont reprendre demain.
bgdiop@lequotidien.sn

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