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En boycottant pratiquement tous les appels au dialogue de Macky Sall, l’opposition n’a pas obtenu l’effet escompté à la dernière Présidentielle. Et elle semble se plaire dans cette posture pour ce quinquennat. Les deux candidats, Idrissa Seck et Ousmane Sonko, respectivement 2ème et 3ème à l’issue du scrutin du 24 février, ont décliné la main tendue du Président réélu.

Depuis 7 ans, l’opposition boycotte systématiquement, ou presque, les appels au dialogue du Président Macky Sall. Après Idrissa Seck, Ousmane Sonko a rejeté dans Jeune Afrique des concertations avec le président de la République sur les questions de l’heure. «Macky Sall ne mérite pas d’être reconnu vainqueur, car il a fait cavalier seul, définissant les règles du jeu sans aucune concertation avec l’opposition en violation du consensus qui prévalait au Sénégal depuis 1988», a dit le leader de Pastef, 3ème à la Présidentielle du 24 février avec 15,67%. Un boycott commun en vue de la part de l’opposition significative qui interroge. Cette stratégie de la chaise vide reste un couteau à double tranchant. En adoptant cette posture, l’opposition espérait faire passer aux yeux de l’opinion que le Président Sall n’est pas un homme de parole. Mais il faut se rendre compte que le non-respect de l’engagement de réduire son premier mandat de 7 à 5 ans n’a pas été sanctionné le 24 février.
Pour avoir des compromis, les opposants gagneraient à renouer le fil de la concertation en posant ses doléances ou en proposant des amendements. Lors des discussions sur le fichier électoral post-Législatives2017, Mamadou Diop Decroix, Ousmane Sonko, Oumar Sarr et Cie avaient mis en place l’Initiative pour des élections démocratiques (Ied) avec un chapelet de doléances. A l’arrivée et malgré une sensibilisation des diplomates accrédités au Sénégal, le président de la République a snobé le cahier de doléances de l’Ied dont une copie lui a été envoyée. Finalement, la question du parrainage s’est retrouvée entre les mains de la majorité qui a fixé les règles du jeu à sa guise. A l’Assemblée nationale, le texte est passé comme lettre à la poste. Sans débats. Après, c’était assez surprenant de la part de certains candidats à la candidature de crier au vol après le rejet de celle-ci par le logiciel du Conseil constitutionnel.

Stratégie jamais payante
Sur le pétrole et le gaz, l’opposition a longtemps estimé que ces ressources ont été «bradées» par Macky Sall, l’accusant de favoritisme en faveur de son frère, Aliou Sall. Ousmane Sonko, Malick Gakou, Mamadou Lamine Diallo entretenaient le débat. Toutefois, les mêmes accusateurs et l’opposition en générale déclinent le dialogue que le Président Sall a appelé le 12 juin 2018 sur la gestion des hydrocarbures à Diamniadio. Il est vrai aussi de souligner que le Président Macky Sall n’apparaît pas comme un saint en termes de respect de la parole donnée. Et les exemples font florès. Mais boycotter les instances de décisions ne permettra pas de changer le cours des choses. En définitive, le boycott n’a jamais été une stratégie payante pour l’opposition. Les élections Légis­latives du 3 juin 2007 en sont la preuve. En 2012, à part le 3ème mandat de Wade, pouvoir et opposition étaient d’accord sur les règles du jeu. Et l’opposition était venue à bout du Président sortant. C’est tout l’inverse des opposants actuels au pouvoir.
bgdiop@lequotidien.sn

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