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Alioune Tine mène la médiation sur le parrainage qui divise la classe politique. Le chef de l’Etat qui l’a reçu vendredi se dit ouvert à une contreproposition de l’opposition.

Ça ressemble à un vent de décrispation qui souffle sur la tempête du parrainage qui a provoqué une vague de réactions entre le pouvoir et l’opposition. Le Quotidien a, en effet, appris que de bonnes volontés s’activent pour emmener les deux camps à se retrouver autour d’une table et trouver des consensus sur la question. Parmi ces médiateurs, il y a Alioune Tine. Il a été reçu par le chef de l’Etat vendredi, et il en ressort que les échanges ont été «fructueux». Il se dit d’ailleurs qu’«il y a de bonnes dispositions des deux côtés et l’espoir est permis». Le Président Sall, quant à lui, s’est dit «ouvert» à la discussion sur le parrainage, mais dit attendre une contre-proposition de la part de l’opposition. En principe, apprend-on, le directeur régional d’Amnesty international pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre devrait rencontrer l’opposition en début de semaine.
L’Initiative pour des élections démocratiques (Ied), qui voit dans ce parrainage un «piège pour éliminer des candidats potentiels», exige le retrait des deux projets de loi devant être examinés la semaine prochaine et annonce un 23 juin bis. Alors que le ministre de la Justice a affirmé hier que leur retrait n’est pas pour le moment envisageable. Mais Ismaïla Madior Fall ouvre une fenêtre tout de même pour une possibilité de réduire le nombre de signatures requises. Le projet de loi dispose que toute candidature à la Présidentielle doit réunir 1% des inscrits sur le fichier électoral, à raison de 2 000 signatures dans au moins 7 régions.
Alors, Alioune Tine parviendra-t-il à rétablir la confiance entre Macky Sall et ses opposants, particulièrement sur cette question de parrainage. Si les deux parties ont été aussi réceptives à sa proposition de médiation, c’est parce que cet ancien secrétaire exécutif de la Raddho n’est pas sur un terrain inconnu et jouit d’une bonne présomption de médiateur. Il avait pris son bâton de pèlerin au plus fort de la crise politique de 2012 sur le 3ème mandat de Abdoulaye Wade. M. Tine avait aussi été partie prenante des négociations entre le facilitateur de l’Ua et de la Cedeao, Olusegun Obasanjo, en tant que coordonnateur du M23. Et déjà en 2008, il était intervenu pour tenter de débloquer la crise entre Macky Sall, alors président de l’Assemblée nationale, et le Président Wade. Tout comme il avait rencontré Wade et l’avait convaincu de la nécessité de dialoguer avec l’opposition regroupée au sein du Front siggil senegaal et qui ne l’avait pas reconnu comme Président après sa réélection dès le premier tour en 2007.
hamath@lequotidien.sn

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