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Général Mamadou Niang, Président du Dialogue politique.

La réunion du dialogue politique de ce mercredi est partie pour être l’une des plus importantes et des plus sensibles. Parce que la Commission du Général Niang, qui a décidé de «dialoguer en présence du virus», doit rassurer sur le suivi de l’audit du fichier et de l’évaluation du processus électoral. De ces deux points dépendrait un autre report des Locales. Mais l’opposition et la société civile ont déjà mis leur veto.

La Commission du dialogue politique reprend du service aujourd’hui. Sa longue pause dictée par le coronavirus avait fini par inquiéter les acteurs politiques. En effet, la société civile, le Pôle de l’opposition et celui des non-alignés n’avaient eu de cesse d’appeler à la poursuite des concertations au moment où le chef de l’Etat a décidé de que les Sénégalais devaient désormais «vivre avec le virus» ou «en présence du virus». Ass Babacar Guèye déclarait dans un entretien avec Le Quotidien que les acteurs politiques devraient eux aussi «apprendre à dialoguer en présence du virus». «Le mandat des élus locaux a expiré depuis le 29 juillet 2019 et ils sont déjà à un an de prolongation. Même si la date butoir du 28 mars 2021 est validée pour la tenue des prochaines Locales, ils auront encore 8 autres mois supplémentaires. Ce qui est vraiment  excessif. Donc impérativement, le dialogue doit reprendre pour épuiser les 4 questions qui restent, dont le statut de l’opposition et de son chef, ainsi que la rationalisation du calendrier électoral», ajoutait le responsable du parti Rewmi. Mais avant lui, Déthié Faye soutenait déjà depuis le mois de juin que les concertations pouvaient continuer pour éviter une autre perturbation du calendrier électoral.
Le représentant des non-alignés et le secrétaire général du Gradec, Ababacar Fall, préconisaient le format virtuel pour espérer des élections locales «au plus tard le 28 mars 2021». Mamadou Diop Decroix aussi avait appelé la Commission politique à «reprendre ses travaux dans les meilleurs délais». Et puis, il y a cette dernière sortie de la coalition Jotna qui regroupe des partis comme Pastef, qui prévient contre tout éventuel report. Ousmane Sonko et ses alliés invitaient, dans un communiqué, le président de la République à «prendre un décret pour fixer la date des prochaines élections territoriales (municipales et départementales) conformément au principe constitutionnel de libre administration des collectivités territoriales et aux dispositions de l’article L.63 du Code électoral». Ils considèrent le «silence coupable» de Macky Sall comme une «décision implicite d’un énième report» des Locales. Il est vrai donc que la Commission dirigée par le Général Niang ne pouvait pas ne pas réagir aux premières alertes qui pouvaient remettre en cause cette confiance entre les acteurs. Mais ces pressions de toutes parts ont sans doute accéléré ce retour autour de la table.

Audit du fichier et évaluation du processus électoral
Cette première réunion de ce mercredi est très attendue parce qu’elle doit assurer que les bases d’une possible tenue des élections territoriales à date échue sont encore là. Et pour cela, le Général Niang et son équipe vont devoir convaincre que cette pause n’a pas été inutile. Parce qu’ils devront rendre compte du suivi des questions essentielles et sans lesquelles il ne peut y avoir des élections incontestables. Il s’agit de l’évaluation du processus et de l’audit du fichier électoral, deux questions qui avaient fait l’objet de consensus avant la suspension des travaux en mars dernier.
La Commission du dialogue politique devait saisir le président du Comité de pilotage du dialogue national, Famara Ibrahima Sagna, qui à son tour devait le soumettre aux partenaires techniques et financiers, mais aussi choisir des experts indépendants pour l’audit. Ce sera sans doute la question cruciale de la réunion du jour.

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