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Engluée dans une crise économique exacerbée par le Covid-19, l’Afrique espère une annulation de sa dette. En plus de ses dirigeants, elle peut compter sur le soutien de 500 organisations syndicales et de la société civile issus de 100 pays et soutenant cette initiative.

Quelque 500 organisations implantées dans une centaine de pays soutiennent l’annulation de la dette publique africaine. Ma­madou Diallo, secrétaire général adjoint de la Confé­dération syndicale internationale (Csi), l’a fait savoir samedi, lors de l’Assemblée générale de l’Initia­tive pour l’annulation de la dette africaine (Iada), qui s’est tenue au Cicad à Diamniadio. «500 organisations dans 100 pays soutiennent l’initiative pour l’annulation de la dette africaine», a noté M. Diallo, s’exprimant par vidéo. «Le Fmi et la Banque mondiale ont encore prolongé de six mois la suspension du paiement de la dette, mais cela n’est pas suffisant», a-t-il expliqué. «Il faut une annulation intégrale de la dette pour permettre à l’Afrique de faire face à ses défis dans ce contexte de Covid-19», a-t-il conclu. Des leaders issus de la société civile, des syndicats de travailleurs, des milieux universitaires s’étaient réunis au centre de conférence de Diamniadio pour mettre en place les méthodes pour une implantation optimale de l’Iada à travers notamment un comité national pays pour le Sénégal.
Cette initiative pilotée par Mody Guiro et Youssou Ndour fait suite à l’appel du Président Macky Sall qui avait, au début de la pandémie de Covid-19, exhortait les partenaires à éponger la dette africaine pour permettre aux pays de mieux faire face à la maladie et préparer la relance des économies durement impactées. Pour Eric Toussaint, porte-parole du Comité pour l’abolition de la dette illégitime (Cadi), les Etats doivent travailler à la mise sur pied d’un bloc pour mieux défendre leur cause. «Les autorités des différents Etats de­vraient s’associer pour former un front des pays endettés pour décider ensemble de la suppression de la dette», a ainsi plaidé l’avocat belge intervenant en vidéo. «Les pays font face à un cas de force majeure et doivent invoquer des principes de droits fondamentaux qui les empêchent de payer la dette», a-t-il poursuivi dans son argumentaire, assurant que ces Etats sont dans l’impossibilité de payer la dette au risque de mettre en danger la vie de leurs populations. D’après les notes présentées par l’Iada lors de la rencontre, le service de la dette absorbe en moyenne 14% des revenus des pays africains.
La source de poursuivre en soutenant que les moratoires, annulations partielles, rééchelonnements opérés n’ont nullement permis la disponibilité de ces fonds pour les besoins des populations ni même une réduction du volume de la dette. Pour Mody Guiro, coprésident de l’Iada, les pays africains font face à trois défis : contrer la maladie, relancer l’économie et satisfaire les besoins des populations. «Si en plus de cela il faut honorer le service de la dette, il est facile d’imaginer à quel point celle-ci devient un fardeau», a posé le leader syndical, appelant à son effacement. «L’annulation de la dette peut épargner des centaines de milliards de dollars aux pays africains. Nous nous engageons dans ce combat et appelons tous les Africains à une mobilisation massive», a-t-il ainsi indiqué. Le président de l’Assemblée nationale, Mousta­pha Niasse, qui a présidé la rencontre a témoigné de l’appui des 54 Parlements du continent dans le combat.

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