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Ce n’est pas un anniversaire joyeux mais elles ont tenu à le célébrer. Les victimes de démolition à Diamnia­dio n’ont pas perdu leur rage de batailler même si l’espoir semble s’éloigner pour ces centaines de pères de famille, qui ont perdu leurs maisons il y a un an.

C’est dans une des quelques maisons ayant échappé à la furie des bulldozers un an plus tôt, jour pour jour,  que le Collectif pour la défense des intérêts des populations de la commune de Diamniadio (Cdipcd) s’étaient donné rendez-vous dimanche pour administrer une piqûre de rappel aux autorités. «Le 18 août 2018 ces maisons ont été démolies par le député Demba Diop Sy accompagné d’un nombre impressionnant de gendarmes sous l’œil désespéré des populations (…) Depuis cette date nous connaissons tous la faim, la soif, l’angoisse existentielle, l’humiliation ; celle d’un peuple chassé de ses terres», ont-ils étalé dans  le texte liminaire lu par Babacar Sow, Secrétaire général du Cdipcd. Il a à ce propos rappelé le «discours mémorable du 15 octobre» lu par le Président Macky Sall, discours qui avait en effet suscité beaucoup d’espoir chez eux.
Venu inaugurer le centre sectoriel Pôle des métiers de Diamniadio, le chef de l’Etat avait exigé l’arrêt immédiat de l’accaparement des terres dans la zone. Une exigence que le collectif espère voir enfin se matérialiser. «La population de Diamniadio réitère son attente avec impatience d’un décret présidentiel désaffectant tous les promoteurs véreux sis dans notre zone  au profit des détenteurs légitimes», a ainsi plaidé M. Sow, réclamant dans sa lancée une compensation pour les personnes lésées par l’opération de démolition.  «Nous réclamons l’indemnisation des victimes  qui ont vu leurs maisons détruites comme dans un film fiction», a relevé le Secrétaire général sous l’approbation des membres qui s’étaient à l’occasion regroupés dans un salon. L’intention du collectif était de tenir une grande manifestation publique ; ce que leur a refusé le sous-préfet, Marcel Mbaye Thiaw, rajoutant ainsi une touche supplémentaire à leur frustration. «C’est le samedi qu’il a sorti un arrêté pour interdire notre manifestation. Le sous-préfet a abusé de son autorité pour nous priver de notre liberté de manifester clairement stipulée par la Constitution. Il a montré qu’il ne nous respecte pas et par conséquent nous lui faisons savoir qu’il n’est plus notre interlocuteur», a tonné Diambar Sall, un autre membre du collectif.
Un an après cette «tragédie», les membres du collectif veulent que la lumière soit faite sur cette histoire qui les plonge dans «des peurs et des inquiétudes». Pour ce faire, ils ont même exhorté à l’ouverture d’une enquête parlementaire contre le député Demba Diop Sy, «source de nos malheurs». «Un député c’est pour plaider la cause de son Peuple  et non de le plonger dans le désarroi. Nous demandons au président de l’Assemblée nationale, Moustapha Niasse, et à tous les députés l’ouverture d’une commission d’enquête parlementaire  contre le député Demba Diop Sy afin de faire jaillir la lumière», a soutenu pour sa part Mamadou Sylla qui n’a pas manqué de dénoncer l’attitude du maire de la commune, Mamadou Moulaye Guèye. «Nous nous sentons délaissés depuis que les événements ont commencé. C’est la mairie même qui nous avait donné des délibérations et des papiers pour construire et maintenant elle nous a laissés à nous-mêmes», a dénoncé M. Sylla.  «On ne quémande rien, on exige juste que soient restitués nos avoirs que nous avons acquis à la sueur de nos fronts», a-t-il aussi relevé avec l’espoir que leur rappel sera entendu au plus haut sommet de l’Etat. Le député Diop Sy avait bénéficié d’un bail sur 27 hectares de ces terres situées à Diamniadio Sud extension et où étaient déjà installés des bénéficiaires de délibérations. Les bulldozers, sous forte escorte de la gendarmerie, avaient investi les lieux durant deux jours réduisant en poussière plus d’une cinquante de constructions. Un an après, les stigmates de l’opération de démolition sont intacts et au plan administratif rien n’a aussi bougé.

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