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Leurs champs de cultures envahis par le béton et même les limites du village menacées poussent les habitants de Dény Malick Guèye, ainsi que ceux des villages qui entourent le pôle urbain de Diamniadio, à demander à être fixés sur les limites que l’Etat entend donner à la fameuse nouvelle ville aux limites de Dakar.

Les populations de Dény Malick Guèye et environs ont une fois de plus manifesté leur désarroi par rapport à leur cohabitation plus qu’hypothétique avec le pôle urbain qui grignote champs et maisons de jour en jour. «Nous voulons que les limites du pôle urbain soient clairement tracées une bonne fois», a précisé El Hadj Ousseynou Guèye, le chef de village. «Nous déplorons le traitement infligé à Dény Malick Guèye et aux localités environnantes», s’est-il plaint en ouvrant la manifestation.
En habits et brassards rouges, les habitants desdites localités se sont retrouvés dimanche sur le site d’extension du village «approuvé par le Conseil municipal sur délibération du 20 janvier 2004» et aujourd’hui englouti dans le pôle urbain. «Le décret portant sur le pôle urbain date de juillet 2013. Ce qui veut dire que depuis 56 mois, l’Etat nous mène en bateau. Nous n’avons aucun interlocuteur et rien de ce qui a été dit n’a été fait», s’est offusqué Abdoul Aziz Mbengue. «Seydou Sy Sall avait dit qu’aucun village ne sera supprimé. Tout ce qu’il a dit n’est que simple théorie, car à ce rythme, Dény Malick Guèye ainsi que les autres Dène vont tout bonnement disparaître», a-t-il poursuivi. «Nous demandons une ligne rouge entre le pôle urbain et le village», a exigé M. Mbengue.
Médoune Diop, le président du Conseil de quartier, va plus loin en demandant «l’arrêt des travaux jusqu’à ce qu’un consensus soit trouvé entre la direction général du pôle urbain et les villages de la localité». «Nous sommes mécontents puisque qu’après notre rencontre avec la direction générale au pôle urbain, rien de ce qui a été dit n’a été respecté. Les populations de Dène exigent la restitution du procès-verbal de cette rencontre, le balisage des limites du pôle, l’extension du village et des emplois dans le pôle pour les jeunes», a-t-il égrené, convaincu que «Dény a assez donné de ses terres». «Nous réclamons le recasement des populations affectées et l’arrêt des travaux aux abords des localités impactées, afin de trouver un consensus sur ces questions», a fait prévaloir M. Diop. «Plus de 75 hectares ont été cédés par les villages de Dény. Aujourd’hui, l’Etat veut encore pousser plus loin et on nous dit que c’est pour ériger un terrain de golf, une Brigade de gendarmerie», a rappelé Abdoul Aziz Mbengue. «Au départ, le pôle était programmé pour une superficie de 1 644 hectares», a-t-il retracé, appelant à ce que les limites soient clairement définies et expliquées aux populations pour éviter toute incompréhension.
abndiaye@lequotidien.sn

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