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Les populations de Déni Malick Guèye ont initié une marche pacifique lundi pour dénoncer l’accaparement outrancière de leurs terres. Plus de 200 hectares de terres fertiles qui faisaient vivre les villages environnants grâce à l’agriculture et l’élevage leur ont été désaffectés pour le projet de pôle urbain. Une récente opération de terrassement  a été la goutte de trop dans le vase des habitants qui craignent de voir à ce rythme disparaître pour de bon leur localité.

Une procession entre leur village et ce qui va devenir la cité ministérielle avant de se voir bloquées net par un déploiement de la gendarmerie. Les populations de Déni Malick Guèye en ont assez des expropriations foncières dont elles sont victimes et avaient tenu à accueillir lundi le président de la République à leur manière. «On a fait cette marche pacifique qui est un avant-goût dans notre combat contre l’extorsion et l’immatriculation de nos terres», a fait savoir le président du Conseil de quartier de la localité,  Médoune Diop, entouré d’une foule de villageois arborant du rouge en guise de protestation. Continuant son propos, M. Diop d’étaler toute sa frustration : «On est menacé par le pôle urbain de Diamniadio. Ils ont entièrement pris nos terres. Ils sont venus, encadrés par l’escadron de la gendarmerie, et ont tout rasé.» A l’en croire, les expropriations dont ils sont victimes leur ont fait perdre «presque 200 hectares» et remontent du temps de l’ancien régime. «Cela a commencé du temps du Président Abdoulaye Wade avec l’Université du futur africain. Les pauvres paysans qui avaient leurs champs sur le site n’avaient pas été dédommagés», a ainsi rappelé le président du Conseil de quartier, faisant aussi savoir que les rares fois où promesse de dédommagement a été faite, les sommes ont été dérisoires et pis encore, non parvenues aux ayants droit. «Les impenses pour le Centre de conférences étaient de 125 mille francs par hectare. Et depuis lors, aucun propriétaire n’est entré dans son dû», a-t-il fait savoir. Suffisant pour lui de se convaincre que le Président Macky Sall n’est pas au courant de ce qui se passe réellement. «On veut lui faire savoir que ses services sont entrés sur nos terres pour démolir ce qui nous permet de vivre dignement», a-t-il expliqué, réfutant «une émergence qui se baserait sur la destruction de champs et de poulaillers au profit d’infrastructures de peu d’utilité.» Lui emboîtant le pas, Mamadou Mbengue, responsable des jeunes, de citer en exemple «un terrain de golf» qui va être construit dans la zone. Dans une lettre du 21 septembre 2016, adressée au chef de l’Etat avec une pétition de 536 signataires, la jeunesse de la localité a listé trois points essentiels pour la survie de la contrée : «Paiement des plus de 70 millions promis à titre d’indemnisation, le paiement des propriétaires de parcelles impactés par l’autoroute à péage et un périmètre substantiel pour l’extension du village.» Se disant déçues par Seydou Sy Sall, délégué du pôle urbain de Diamniadio, qui «n’a respecté aucune des résolutions prises lors de leur audience du 16 février 2016», ces populations s’en remettent au Président Macky Sall pour ne pas voir disparaître leur village sous l’action «des prédateurs fonciers».
abndiaye@lequotidien.sn

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