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La décision du président de la République du Sénégal d’implanter une usine textile chinoise dès juin à Diamniadio n’enchante guère les Couturiers, créateurs et associés du Sénégal (Ccas). Ils l’ont fait savoir mercredi, lors d’une conférence de presse qu’ils ont tenue à la maison de la presse, exprimant leur désaccord face à ce projet qui, jugent-ils, plombera tout le secteur de la couture au Sénégal.

L’unité de confection de vêtements que la compagnie chinoise «C&H Garments» entend implanter à Diamniadio n’est visiblement pas la bienvenue. Pour les couturiers, créateurs et tailleurs sénégalais, cette implantation est une grande menace à leur profession et à l’expansion de leurs activités. Pis ils craignent qu’avec l’installation de cette usine, des millions de Sénégalais, pères et mères de famille, se retrouvent dans la rue pour grossir le rang des chômeurs. «Nous comprenons le président de la République, qui a promis des emplois et qui attend de cette usine 1500 à 3000 emplois. Mais, nous pensons qu’en voulant créer 3000, voire 4000 emplois, il risque d’envoyer en chômage plus d’un million de Sénégalais qui vivent de ce secteur du textile», ont fait savoir ces couturiers dans la déclaration liminaire qu’ils ont lue mercredi, lors de leur conférence de presse tenue à la maison de la presse.
Fustigeant par la même occasion «la démarche solitaire» du ministre de la Formation professionnelle, de l’apprentissage et de l’artisanat, ces artisans se démarquent du comité de suivi mise en place dans le cadre de ce projet. «Nous avons été très surpris par l’attitude et le comportement des agents du ministère, qui nous ont non seulement écartés des différentes rencontres organisées sur la question, alors que notre association demeure la plus représentative dans le secteur, mais cherche aussi à nous distraire avec la mise en place d’un soi-disant comité de suivi, ignorant même d’impliquer les vrais acteurs du secteur. Nous ne reconnaissons nullement ces personnes cooptées et déplorons les initiatives du ministre qui tendent à museler la profession de couturiers, créateurs et tailleurs du Sénégal», fustigent-ils.
De guerre lasse, ils lancent l’alerte et attendent que le président les convie à des pourparlers, parce que pour eux, l’implantation des Chinois au Sénégal, n’augure rien de bon pour leurs affaires. «Qui connait les Chinois, sait qu’ils sont des pollueurs et qu’ils sont les maitres dans tout ce qui est contrefaçon. Nous souffrons depuis des décennies à cause de ces Chinois. S’ils viennent au Sénégal implanter cette usine, ce sera pire. Ceux qui disent que le projet est bon ne sont que des fossoyeurs. Rien n’est bon dans ce projet. Nous convions le Président sur le terrain de la négociation. Il doit vraiment aider les artisans», plaide le coordonnateur de Ccas au sein des régions, Talla Mbow. A sa suite, Cheikh Wade, Sg de Ccas, est revenu sur les énormes «dégats» que causent les Chinois dans ce secteur. «Ils pillent nos modèles sans sourciller, imitent nos garnitures et nos broderies de manière frauduleuse. Beaucoup de brodeurs commencent à perdre leur travail. Sur 6 personnes habillées, seule une porte une vrai broderie, les 5 autres portent des Tafs (broderies et garnitures collées). Pendant les fêtes de Korité et Tabaski, les boubous 2 pièces sont imités par les Chinois et vendus sur le marché. Il y a un réel problème», dénonce-t-il, dans l’espoir qu’ils seront, peut-être, bientôt conviés à la table de négociations pour faire entendre leurs voix.
aly@lequotidien.sn

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