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Le département de Rufisque est livré aux démolitions. Après Tivaouane Peulh, les engins destructeurs sont passés par Diamniadio où une quarantaine de maisons a été réduite en gravats sous le regard impuissant des populations.

La casse de maisons en construction s’intensifie dans le département de Rufisque. Après Tivaouane Peulh par deux fois, c’est au tour de Diamniadio de recevoir la visite des engins destructeurs. Très tôt le vendredi, une quarantaine de constructions ont été démolies sous forte escorte de la Dscos de Diamniadio Sud-Extension. Les populations alertées ont rappliqué dare-dare sur les lieux, mais n’ont fait que constater les dégâts. «La Dscos est venue ce matin (hier) pour démolir nos maisons sans sommation ni rien. Ils disent que les terres appartiennent à un député. Je me demande dans quel Sénégal sommes-nous. C’est au prix de dur labeur que nous sommes parvenus à avoir nos maisons .Donc, ce serait trop facile de laisser une personne, venue d’ailleurs, s’accaparer de nos terres sous la couverture de l’Etat», a regretté Mamadou Sylla, une victime de l’opération supervisée par la Dscos. «Il s’agit d’une superficie de 27 hectares que le député veut soustraire aux populations. Tous ceux qui ont construit ici ont reçu des titres de construction après avoir au préalable bénéficié d’une délibération de la municipalité. Certains ont construit il y a plus de 5 ans et un beau jour on veut nous faire croire que les terres ne nous appartiennent pas. Nous interpellons les autorités parce que nous n’allons pas nous laisser faire», a assuré Samba Guèye, regrettant l’absence des autorités municipales. «C’est elles qui nous ont délivré les délibérations ; donc elles devraient être présentes au moins», s’est-il désolé. Courroucées par la démolition des maisons, les populations ont improvisé une marche en direction de la route nationale qu’elles ont bloquée avec des pneus brûlés à hauteur de la mairie. Même si les responsables de la municipalité n’ont pas assisté à la manifestation, ils ont manifesté leur solidarité face à l’acte de démolition. «Ces terres n’appartiennent pas au député Demba Diop Sy. Pour aider les populations démunies à facilement accéder à un toit, la mairie avait pris l’initiative de leur attribuer ces parcelles. Aujourd’hui, si un certain Diop Sy se permet de dire qu’il est propriétaire de ces terres, c’est tout simplement parce qu’il a usé de bras longs», a assuré Mohamed Badji, conseiller municipal. Pour le secrétaire général de la mairie, Abdou Ndiaye, si Diamniadio perd ses terres, c’est par la faute de l’Etat. «Ce sont des terres du domaine national, mais c’est l’Etat qui les titre à son nom pour ensuite les donner à des promoteurs privés. Cela est une vraie entrave à la réalisation du plan de développement de la commune, car on ne dispose même plus de terres pour nos propres projets», a soutenu M. Ndiaye. Le 1er adjoint au maire, Alioune Sané, a pour sa part rassuré que l’opération de démolition a été stoppée en attendant des concertations entre les différentes parties. Nos tentatives de joindre Diop Sy sont restées vaines.
abndiaye@lequotidien.sn

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