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Il est du même village que le ministre de l’Intérieur, Abdoulaye Daouda Diallo. Mais Aboubacry Diallo a laissé son département, Podor, pour faire ses études primaires et secondaires à Matam. «Mais j’ai passé mon baccalauréat à Diourbel et à Dakar», précise le candidat de Benno bokk yaakaar en Amérique-Océanie. «Abou», comme on l’appelle affectueusement, va collaborer dans les années «90» comme comptable avec la Socopao, qui a fusionné avec Delmas pour donner la Sdv.
Les folies du Bolloré ne l’impressionnent guère. Le début des années 2000, coïncidant avec la première alternance, avait vu beaucoup de jeunes tenter «un rêve américain». Cet Apériste en profite alors en 2001 pour rejoindre les Etats-Unis, «à la quête d’une vie meilleure». Il atterrit dans le plus petit des 50 Etats de ce «pays-continent», Rhode Island pour décrocher la… Providence, comme le nom de la capitale de cet Etat d’un peu plus d’un million d’habitants, où il a poursuivi ses études. L’homme a un goût poussé pour la vie associative. «J’ai dirigé la plus grande association de notre village, j’ai été membre de l’association des jeunes de Saldé (arrondissement) et au moment où je vous parle, je suis encore le président de l’Association des Sénégalais de Rhode Island. Bref, j’ai toujours voulu être aux côtés de la communauté.» Ce n’était pas encore l’exercice d’un pouvoir de la dimension de celui qui légifère et contrôle un autre pouvoir. Mais c’est aussi peut-être ce qui explique cette envie de représenter la diaspora sénégalaise résidant en Amérique et en Océanie. Il dit : «Nous allons jouer pleinement notre rôle de député, parce que ce sont les Sénégalais, même s’ils sont à l’extérieur, qui nous ont choisis comme les autres. Nous serons donc la bouche de nos compatriotes. Je puis vous assurer que je suis très conscient de cette mission.» Aboubacry Diallo estime qu’avec ses «600 à 900 milliards de F Cfa» qu’elle injecte dans l’économie sénégalaise, ses «près de 2 millions de personnes», l’Etat doit «prêter une oreille attentive» à la diaspora. «Sans doute, tout émigré espère avoir un toit pour y mettre sa famille. Je pense que pour tout projet d’habitat, le gouvernement devrait donner à la diaspora au moins 30% avec des modalités et un suivi bien sûr», dit-il. M. Diallo s’engage à sensibiliser ses collègues sur les «doléances multiples» de la diaspora. «C’est le président de la République qui avait proposé la diaspora comme la quinzième région. Personne n’y avait cru, mais aujourd’hui c’est une réalité. Par conséquent, nous non plus, nous n’avons pas le droit de trahir cette confiance», prévient-il.

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