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On est en 1992. Le Congo alimente encore les rêves d’ailleurs de beaucoup de Sénégalais. Dieynaba Sow foule le sol de ce pays béni des dieux sous son voile de mariée. Elle quitte Pikine Rue 10 de son enfance pour se plonger dans la moiteur de cette ville inconnue. Jusqu’à son arrivée dans cette ville, elle taquinait la couture de temps à autre. Sans emploi, son destin est de faire le bonheur de son mari. C’est sans compter avec son volontarisme. En effet, elle ne tarde pas à se retrousser les manches. Dans cette ville étrangère, elle choisit le commerce et devient la «première Sénégalaise à ouvrir sa cantine au marché de Pointe Noire». Depuis, Mme Sow a roulé sa bosse. Mais ses liens avec la mère patrie sont restés tout aussi forts. «Je viens souvent au Sénégal. Mon dernier séjour remonte en avril. J’ai fait des investissements au pays et mes enfants y sont retournés après leur Bac», confie-t-elle au bout du fil. Bien connue dans sa ville d’adoption, «Maman Dié» y reçoit parents et amis. «Quand tu passes 25 ans dans une ville, forcément tu reçois des amis, des parents et même des inconnus. Et à chaque fois, il faut que tu fasses quelque chose pour les aider», dit-elle. C’est cette expérience au service de ses compatriotes qui va forger son engagement dans le champ politique. En effet, la voix de Dieynaba Sow change de tonalité et devient lourde de frustration quand elle évoque les tracasseries auxquelles les Sénégalais doivent faire face dans ce pays. Elle ajoute : «Ici au Congo, les Sénégalais sont les plus fatigués. Nos papiers coûtent plus cher. Un Malien paie 250 mille pour une carte séjour de 5 ans, là où le Sénégalais n’a droit qu’à un séjour d’un an pour 111 mille francs. Et avec même cela, on ne te donne pas la carte séjour, mais un reçu. Et si tu tombes sur un contrôle, le policier peut déchirer ton reçu et dire que c’est un faux.» Dieynaba poursuit en précisant que pour obtenir la carte de séjour, il faut encore payer 150 mille F. «Et si tu déposes cette somme, avant de recevoir la carte, le séjour est déjà à terme», souligne-t-elle. Une situation qui exaspère cette militante du Parti démocratique sénégalais (Pds) qui brigue un poste de député sous la bannière de la Coalition gagnante/Wattu senegaal. «Le Sénégal a une coopération avec le Congo, mais même pour venir dans ce pays, on exige que tu achètes un billet aller/retour ou que tu aies une carte de séjour. Sinon, tu ne prends pas l’avion. Et une fois à l’aéroport, avant d’entrer dans le pays, tu dois payer 150 mille. Même si tu as déjà fait ta vaccination au Sénégal, tu es obligé de payer encore 10 mille ici», égrène Mme Sow avec une indignation croissante. «C’est vraiment compliqué et ce sera ma première préoccupation une fois à l’Assemblée», promet la Libérale. Aujourd’hui, le Pds qu’elle a épousé depuis 2005 reste son parti de prédilection. En attendant… Dieynaba Sow, c’est aussi une ex-épouse du défunt Consul du Sénégal au Congo, Baïdy Kane.

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