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Modou Diagne Fada tente aussi de grignoter dans l’électorat de la diaspora. Manko yeesal seneegaal dont il est la tête de liste nationale a investi en Europe du sud. Précisément en Italie, c’est Sokhna Oumy Niang qui veut représenter ses compatriotes à l’Assemblée nationale. A presque 36 ans, cette native de Dakar, qui se revendique fièrement «walo-walo pure», veut faire partie de la «crème» d’une Assemblée de jeunes. Après des navettes entre l’Italie et le Sénégal, elle finit par s’installer dans ce pays, obligée qu’elle est par ses charges de médiatrice culturelle qu’elle résume ainsi. «Je m’occupe des réfugiés dans les centres d’accueil, de la traduction et de l’interprétation avec des clandestins. C’est un travail qui requiert la maîtrise de la culture du pays d’origine et du pays d’accueil. Je suis chargée aussi de la vérification des dossiers, de l’assistance psychologique, du suivi des enfants et des femmes. Je suis en quelque sorte leur médecin», explique-t-elle.
Si les Sénégalais de l’Extérieur ont des députés à eux dédiés, pour contribuer à solutionner leurs problèmes, Mme Niang se voit porteuse d’un profil qui lui semble déjà «naturel». «Nous avons beaucoup de problèmes au niveau de l’Italie. Mais j’en citerai quelques-uns : manque de structure d’accueil et d’orientation pour les Sénégalais sans papiers qui viennent d’arriver. Tout le monde sait que l’Italie est la porte d’entrée de beaucoup d’émigrés (sénégalais y compris) pour l’Europe. Pendant ces 5 dernières années, beaucoup de nos compatriotes sont arrivés ici par la mer et sont logés dans des camps. Ils sont laissés à eux-mêmes, sans aucune  aide des représentants diplomatiques du Sénégal», diagnostique cette doctorante en sociologie de la santé à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. La candidate de Manko yeesal senegaal, qui s’est installée à Milan avec sa famille depuis 5 ans, est bien dans son sujet, l’immigration clandestine qui a dégarni tout un continent est un phénomène que les Occidentaux peinent à arrêter. «Avec la crise qui a touché toute l’Europe, beaucoup de Séné­galais ne travaillent plus ici. Ils sont porteurs de projets pour rentrer au Sénégal, mais les conditions d’accompagnement ne sont pas là», regrette-t-elle.
L’opposante ne croit pas non plus à la politique du régime de Macky Sall, en dépit de la mise en place de certaines structures de soutien à la diaspora. «Certains penseront au Faise, mais le Faise est géré de manière partisane car il faut souvent être membre du parti au pouvoir pour en bénéficier», dit-elle. Sokhna Oumy Niang relève également, «l’absence de convention» entre le Sénégal et l’Italie pour faciliter la vie aux Sénégalais d’Italie. «Beaucoup d’entre eux ont travaillé ici pendant des années, mais ils ne peuvent pas bénéficier de leur pension de retraite qui leur permettrait de rentrer au pays et de percevoir chaque mois leur argent», souligne-t-elle. Une fois à l’Assemblée nationale, elle compte plaider l’insertion des jeunes diplômés. «Il appartient à l’Etat d’assurer le reste», conclut Mme Niang.

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