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141 millions de francs équilibrés en recettes et en dépenses. C’est le budget 2017 de la commune de Sindian adopté à l’unanimité des conseillers présents lors de la session ordinaire du Conseil municipal ce samedi. Et au niveau du fonctionnement qui occupe 30 à 40% du budget, l’éducation (40%) et la santé (15%) arrivent en première position avec plus de 50% des recettes. De quoi pousser les conseillers municipaux à toucher à nouveau du doigt les questions de priorité notamment au niveau du secteur de l’éducation et surtout de la santé. La santé un secteur mal en point et principal facteur du renoncement des populations de la bande frontalière à leur nationalité sénégalaise au profit de celle de la Gambie

Au niveau de la santé particulièrement, les conseillers de Sindian sont encore revenus sur la nécessité d’augmenter et de densifier davantage les plaidoyers pour ériger le poste de santé de Sindian, qui polarise l’arrondissement éponyme en entier, en hôpital de niveau 1. Et aujourd’hui, pour l’édile de Sindian, Yancouba Sagna, toutes les conditions sont réunies pour matérialiser un tel dessein. Et ce dernier d’avancer comme arguments l’enclavement de l’arrondissement de Sindian avec ses routes en très mauvais état. «Aujourd’hui pour quitter Bignona et venir à Sindian, il faut souffrir de 25 Km de route en état de dégradation très avancé et qui n’a d’existence que par rapport à son appellation ; car dans tout l’arrondissement de Sindian il n’y a pas de routes goudronnées», a soutenu le maire de Sindian. Face à la presse en marge de cette session ordinaire, l’édile de Sindian estime que cette seule route coloniale en latérite, marquée par l’érosion due à la pluviométrie et qui relie Bignona à Sindian, présente des difficultés en matière d’évacuation de malades. «Et à partir de Sindian jusqu’aux villages situés à l’intérieur, il y a des pistes de production qui ne peuvent pas être empruntées par des voitures. Aujourd’hui les femmes enceintes, les malades sont évacués pour l’essentiel par le biais de motos Djakarta», renseigne-t-il. Avant de s’interroger : «Imaginez une femme enceinte dont la situation nécessite une intervention et qui doit quitter Diocadou, Diaboudior frontière ou Djibidione situés au niveau de la bande frontalière à 25 Km de Sindian ; et encore sur des pistes de production impraticables même avec des motos Jakarta» ? Une situation qui reflète, à ses yeux, les difficiles conditions des populations de ces zones frontalières où le taux de mortalité infantile est également très élevé, note-t-il. Calvaire Les difficultés d’accès au poste de santé de la commune de Sindian pour les populations des villages situés au niveau de la bande frontalière ; les problèmes d’évacuation des malades ; un plateau technique qui n’est pas assez relevé avec des risques de faire 20 Km jusqu’à Sindian sans trouver au niveau de la structure sanitaire les conditions de prise en charge, etc. Autant de situations qui hantent le quotidien des populations de l’arrondissement de Sindian. Des populations qui voient souvent leurs malades arrivés avec tant de peine au poste de santé de Sindian pour ensuite être évacués, note l’édile de Sindian, sur Bignona qui ne dispose que d’un centre de santé. Et avec en plus des risques pour ces derniers d’être évacués à nouveau sur Ziguinchor. Yancouba Sagna en veut pour preuve que 70% des évacuations vers Bignona viennent de Sindian et plus de 60% des évacuations vers Ziguinchor viennent du département de Bignona. C’est pourquoi les populations de la bande frontalière qui vivent de tels calvaires en plus de tous les risques de ne pas être bien pris en charge ni au poste de santé de Sindian, ni au centre de santé de Bignona préfèrent tout bonnement aller, informe-t-il, se faire soigner en Gambie voisine. Le pays d’Adama Barrow qui dispose, à 5 voire 10 Km de la frontière, d’hôpitaux de référence qui ont la possibilité, ajoute-t-il, de les prendre en charge. Pour l’érection du poste de santé en hôpital de niveau 1 En plus, au niveau de ces hôpitaux dont la prise en charge est subventionnée par le gouvernement gambien, les patients sénégalais payent dix fois plus que ce que payent les Gambiens. Suffisant de l’avis de Yancouba Sagna pour obliger des populations sénégalaises de la bande frontalière à renoncer à leur nationalité au profit de celle de la Gambie afin de pouvoir tout simplement bénéficier, argue-t-il, des mêmes conditions de traitement sanitaire que les Gambiens, voire d’un minimum de prise en charge. «Cela est vraiment déplorable. Et c’est pourquoi le Conseil municipal de Sindian a exigé de son maire de mener le plaidoyer afin que le poste de santé de Sindian soit érigé en hôpital de niveau 1 pour rapprocher un peu les malades du Nord Sindian et de leur permettre d’avoir une structure adéquate de prise en charge», souligne Yancouba Sagna. Et même si son Conseil municipal ne peut délibérer au-delà de la commune de Sindian, il n’en demeure pas moins que lors des délibérations que celui-ci a faites par rapport à ce budget, une place très importante a été accordée, soutient-il, à la santé mais aussi à l’éducation. L’éducation un secteur où les appuis en intrants, fournitures scolaires, les appuis pour le fonctionnement des écoles, les allocations aux personnes défavorisées et les appuis pour les commissions d’examen ont été reconduits, a laissé entendre l’édile de Sindian. imane@lequotidien.sn

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