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Face aux éventuelles difficultés dans le scrutin le 30 juillet devant 47 listes, la Société civile a proposé 3 solutions qui seront sur la table du ministre de l’Intérieur. Abdoulaye Daouda Diallo sera chargé de réunir les acteurs du processus électoral pour des concertations.

Pour les Législatives du 30 juillet, l’une des rares questions sur lesquelles s’entendent pouvoir et opposition demeure les éventuelles difficultés de voter. Avec à 47 listes, l’électeur risque de se perdre sans oublier le pactole financier que le scrutin génère. Face à cette énigme, la Société civile détient peut-être la solution. Dans le cadre d’un séminaire organisé hier par l’Ong 3D, le Pr Babacar Guèye et ses camarades du Collectif des organisations de la Société civile (Cosc) ont émis 3 propositions «consensuelles». La première consiste à permettre à l’électeur de prendre 3 à 5 bulletins avant d’aller accomplir son devoir citoyen. Deuxiè­me­ment, il s’agira d’installer un grand isoloir et d’y mettre les 47 bulletins. En clair, l’électeur ne va prendre qu’un seul bulletin qui sera celui de son choix. Enfin, la dernière solution émise est le vote multiple où 3 à 5 électeurs seront dans un isoloir. «On veut gagner du temps», justifie le Pr Babacar Guèye.
Ces acteurs du processus électoral ont écarté l’une des propositions de l’expert électoral Ndiaga Sylla du Groupe de recherche et d’appui conseil pour la démocratie participative et la bonne gouvernance (Gradec), à savoir le bulletin unique. «Le bulletin unique a été dépassé parce que le temps ne va pas nous le permettre. L’im­pression des bulletins a commencé. C’est trop tard», souligne Pr Guèye. Directeur exécutif de l’Ong 3D, Moundiaye Cissé s’inscrit dans la même logique : «Aujourd’hui, les dés sont jetés. Les 47 listes ont été commandées et les imprimeurs ont reçu de l’argent pour faire leur travail. Donc, le problème ce sont les 47 listes. Est-ce que nous pourrons, entre 8h et 20h, faire toutes les opérations électorales pour des bureaux de vote de 500 ou 600 électeurs. Admettons qu’on est 300 électeurs en moyenne par bureau de vote, si chaque électeur fait 3 minutes, nous aurons 900 minutes d’opérations électorales. 900 minutes, c’est plus de 14 heures et nous ne serons plus dans les marges.» Pr Babacar Guèye de préconiser : «Il faut aussi faire des formulaires de procès-verbaux qui feront de sorte que ceux qui siègent dans les bureaux n’auront pas à beaucoup écrire dans les fiches d’émargement. Cela va favoriser la facilité dans le dépouillement. On pense aussi à la prorogation de la clôture du vote.»
Du côté des partis politiques dont la présence n’était pas assez importante, on semble épouser le choix de ne pas prendre tous les bulletins en votant. C’est le cas de Ousmane Badiane de la Ligue démocratique (majorité) et Amadou Sène Niang du Pôle des non-alignés. Ousmane Sonko de Pastef (opposition), par contre, indique que le front Manko wattu senegaal, la coalition politique qui regroupait des partis de l’opposition, va donner sa position dans les jours à venir.
La dernière étape des travaux des organisations de la Société civile consiste à soumettre ces propositions au ministère de l’Intérieur qui va réunir la classe politique pour des concertations. A noter que le ministère en charge de l’organisation des élections était absent de la rencontre.
bgdiop@lequotidien.sn

1 COMMENTAIRE

  1. Aucune des solutions est acceptable, le choix de l’électeur doit être protégé, s’il ne prend pas tous les bulletins, on saura pour qui il n’a pas voté. S’ils sont plusieurs dans l’isoloir, ce n’est plus un isoloir et si on met les bulletins dans l’isoloir, un militant peut déchirer les bulletins de l’autre.
    La solution serait un bulletin unique avec les têtes de liste nationale et les listes affichés devant les bureaux de vote. Cela permettrait d’économiser de l’argent et d’accélérer le vote.

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