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Le palais de justice de Diourbel

La chambre criminelle de Diourbel a suivi le réquisitoire de l’avocat général, Moussa Guèye, et condamné l’accusé Lamine Diouf, reconnu coupable du meurtre de l’enfant S. N, âgé de 3 ans, à 20 ans de travaux forcés.

Maître Arfang Bocar Ndao savait-il que les dés étaient pipés pour son client ? Tout porte à le croire. D’ailleurs malgré sa brillante plaidoirie, la robe noire n’a pas attendu le prononcé du verdict du Tribunal de grande instance qui a condamné son client Lamine Diouf à 20 ans de travaux forcés. Maître Ndao n’a pu convaincre le Tribunal. «Si vous ne l’acquittez pas, je pense qu’il y a des circonstances atténuantes.» Il ne sera pas entendu. Siégeant en Chambre criminelle, le Tribunal de grande instance de Diourbel a reconnu coupable Lamine Diouf des faits de meurtre sur la personne de S. N.
Les faits ont eu lieu le 20 août 2010 à Baback-Ndioudiouf, un village situé dans le département de Bambey, arrondissement de Ngoye Alioune Sylla. Ce jour, aux environs de 6 heures, Lamine Diouf armé, d’un coupe-coupe, a administré deux coups à l’enfant S. N, âgé tout juste de 3 ans, qui lui seront fatals.
Après son forfait, Lamine Diouf rangea son arme et quitta le lieu du crime. Le certificat de genre de mort établi par le chirurgien orthopédiste, docteur Alimou Diallo, concluait à une fracture ouverte occipitale et une fracture ouverte frontale avec crevaison de l’œil par une arme blanche. Lamine Diouf expliquait son acte par le fait qu’il était sujet à des troubles de comportement et qu’à la faveur de la nuit, la dame Maïmouna Diouf, grand-mère du défunt, se transformait en chienne et tentait de le dévorer.
Bénéficiant d’une ordonnance de non-lieu rendue le 19 janvier 2015 par le juge du 1er cabinet de Diourbel qui concluait à une démence de l’accusé, il a été jugé hier parce que le procureur de la République avait interjeté appel de la décision du juge.
A la barre, Lamine Diouf, présenté comme un adepte de la drogue, a regretté son acte qu’il dit ne pas s’expliquer. L’accusé dira qu’il était sujet à des périodes de troubles de comportement depuis qu’il a quitté son Baback-Ndioudiouf natal pour aller à Kébémer travailler comme saisonnier, afin de pouvoir acquérir une machine pour exercer son métier de tailleur.
Dans son réquisitoire, le ministère public a relevé des éléments contradictoires dans les conclusions du docteur Aïda Sylla Ndiaye, expert psychiatrique, qui dit que «Lamine Diouf était en démence au moment des faits. Il est accessible à une sanction pénale». Or la démence, d’après l’avocat général, «enlève à l’individu toute faculté de discernement».
Auparavant, le Tribunal avait condamné la dame Yacine Fall à deux ans de travaux forcés dont six mois ferme. Il n’a pas suivi le procureur qui avait demandé cinq années de prison ferme. Il a disqualifié les faits de préméditation avec guet-apens ayant entraîné la perte d’un œil en coups et blessures sur la personne de Serigne Dame Kandji avec qui elle avait maille à partir. Yacine Fall, qui a déjà séjourné pendant 2 années en prison, est rentrée libre. Elle avait comparu libre après avoir bénéficié d’une liberté provisoire pour des faits de coups et blessures volontaires avec guet-apens ayant entraîné la perte d’un œil. Les faits se sont déroulés le 6 août 2014 au quartier Darou Miname de Touba. Une altercation a eu lieu entre Dame Kandji et Yacine Fall.

badiallo@lequotidien.sn

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