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Le palais de justice de Diourbel

Poursuivis pour actions diverses, participation à un rassemblement illicite, avec violence et voie de fait sur des personnes, et destruction de biens, Jacques César Diatta et Pape Latyr Ndiaye ont été reconnus coupables et condamnés à une peine de 3 mois avec sursis.

Jacques César Diatta et Pape Latyr Ndiaye, arrêtés suite aux affrontements de lundi dernier entre les pensionnaires de l’Université Alioune Diop de Bambey (Uadb) et ceux de l’Institut de formation agricole et rurale (Isfar), ont été condamnés à 3 mois avec sursis. Jugés en flagrant délit par le Tribunal de grande instance de Diourbel, tous les deux en deuxième année de droit à l’Uadb ont été reconnus coupables de participation à un rassemblement illicite, avec violence et voie de fait sur des personnes, et destruction de biens. Il s’agit d’une peine d’avertissement. Il faut savoir que M. Diatta a été identifié comme l’auteur de la casse du véhicule de fonction du commissaire de la police de Bambey. Le second est coupable d’agression sur un brigadier de la police.
Devant la barre, Jacques César Diatta n’a pas nié avoir participé à ces affrontements. Il dit : «Quand j’ai entendu le bruit, je suis sorti pour savoir ce qui se passait. Quand le véhicule de la police s’est dirigé vers moi, j’ai été pris de panique et j’ai jeté une pierre sur le véhicule. Personnellement, je n’ai jamais mangé dans le restaurant de l’Isfar. Je n’ai fait que suivre la foule. Je ne suis pas le seul à avoir jeté une pierre et je ne sais pas si c’est la mienne qui a atteint le véhicule ou non. Je n’ai jamais imaginé jeter une pierre sur un véhicule encore moins sur celui de la police.» Quant à Pape Latyr Ndiaye, il nie avoir participé aux jets de pierres. «J’étais dans la foule, mais je n’ai pas remarqué de délégués parce que j’étais derrière. Je n’avais pas assisté aux jets de pierres. Un agent m’a identifié comme étant l’auteur qui a blessé le policier. Si cela se répétait, je n’en ferai pas partie.»
De son côté, Birane Guèye, agent en service depuis 14 mois au Commissariat urbain de Bambey, pansement au niveau de la lèvre supérieure, a rappelé que la nuit du dimanche, ils étaient seulement 4 éléments qui tentaient de contenir les échauffourées jusqu’à 2 heures du matin. «Je ne sais pas qui d’entre eux m’a jeté la pierre», a-t-il affirmé. Ainsi, le Parquet a signalé qu’il faut interroger les dispositions de l’article 98 sur des manifestations non autorisées. «Le statut d’étudiant ne donne pas le droit de tout faire. Ce sont des actes qu’il faut bannir. Ils ont essayé de se racheter à la barre, donc cela pourrait ne pas arriver s’ils en étaient conscients très tôt», dit le procureur. Il a ainsi requis une peine d’avertissement pour eux. L’avocat de la défense a, pour sa part, signalé que les Forces de l’ordre ont violé les franchises universitaires en pénétrant dans le campus social. «M. le juge, c‘est votre décision qui va aider à un apaisement pour que cette contradiction entre étudiants puisse être dépassée», demande Me Assane Dioma Ndiaye, en estimant qu’il y a des limites à ne pas franchir. Et, dit-il, étudiants et Forces de l’ordre sont condamnés à vivre ensemble. Ce sont des faits de société qu’il faut dépasser. «Ce n’est pas une grève, mais un mariage qui n’était pas accepté. L’intention n’était pas d’attaquer la police, et sans elle cela pouvait être dramatique», a-t-il déclaré.

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