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Ndèye Sow a été condamnée à 2 ans de prison ferme. Pathé Top et Maguette Ndiaye, considérés comme ses complices, ont été relaxés au bénéfice du doute. Ils étaient jugés pour cession de chanvre indien. Dans son réquisitoire, le ministère public a demandé au Tribunal de reconnaître la dame Sow coupable de cession de chanvre indien et de la condamner à 3 ans d’emprisonnement ferme, et de relaxer ses coaccusés au bénéfice du doute.

Les faits qui ont valu à la dame Sow cette peine d’emprisonnement de 2 ans remontent au 2 décembre dernier. Ce jour-là, les éléments de la Brigade régionale des stupéfiants de la Direction de l’office central de répression du trafic illicite des stupéfiants (Docritis) ont reçu une information relative à ce trafic. Suite à celle-ci, un agent infiltré de la brigade est allé acheter un cornet de chanvre indien de 1 000 F Cfa chez elle au quartier Ndamatou à Touba. Lors de l’arrestation de Ndèye Sow, les enquêteurs ont trouvé un sachet contenant 26 cornets de chanvre indien dans sa chambre. Mère de cinq enfants et mariée à un policier, Ndèye Sow a déclaré qu’elle ne savait pas que ce sachet était dans sa chambre et encore moins qu’il contenait de chanvre indien. Rappelant son statut matrimonial en insistant sur le fait que le père de ses enfants est mort, elle a souligné qu’elle s’est remariée avec un policier le jour du Gamou de 2020. A l’en croire, c’est Pathé Top qui lui avait remis le sachet : «Mais je ne sais pas ce qu’il contenait.» Elle a juste révélé que ce dernier lui a demandé de remettre un cornet à toute personne en échange de 1 000 F. A la barre, Mme Sow a insisté sur le fait qu’elle n’est pas vendeuse de chanvre indien. A son tour, Pathé Top a souligné qu’il n’a jamais remis de sachet contenant du chanvre indien à Ndèye Sow. Quant à Maguette Ndiaye, il a fait savoir qu’il est juste un chauffeur de taxi qui fréquentait le frère de Pathé Top. De déclarations contre déclarations, les prévenus ont réfuté chacun à sa manière les faits pour lesquels ils sont poursuivis.
Dans son réquisitoire, le ministère public a confondu la dame en insistant sur la flagrance de l’affaire. «Le fait que Ndèye Sow détenait du chanvre indien n’est pas discutable. Tous les éléments sont réunis pour entrer en voie de condamnation contre elle. Le fait de trouver 26 cornets de chanvre indien prouve bien qu’il y a eu session de chanvre indien», a-t-il expliqué. Il a demandé au Tribunal de reconnaître Ndèye Sow coupable de cession de chanvre indien et de la condamner à 3 ans de prison ferme. Quid des autres ? «Aucun élément n’est trouvé contre eux. Il n’y a que les déclarations de la dame Sow, donc il faut les relaxer au bénéfice du doute», indique-t-il. En prenant la parole, l’avocat de la défense a exprimé ses regrets à la Cour. «Je ne serai pas l’avocat du diable, mais plutôt celui d’une veuve et des orphelins. M. le président, la dame Ndèye Sow risque d’être l’agneau de sacrifice, car en voyant son visage et en l’écoutant, on se rend compte qu’elle n’est pas une trafiquante de drogue. Comment une dame mariée à un policier peut garder un sachet contenant 26 cornets de chanvre indien dans sa chambre ? Même si elle mérite d’être enfermée, vous allez enfermer une innocente, car quelqu’un a profité de son ignorance, de sa naïveté et de son innocence. Lors de votre délibéré, rappelez-vous de ses cinq enfants et de son ignorance en lui faisant une application bienveillante de la loi», a-t-il détaillé.
Finalement, le juge l’a condamnée à 2 ans de prison ferme et relaxé ses co-prévenus au bénéfice du doute.

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