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Après deux heures d’attente, le Pca de l’Ipres a rencontré les retraités de Diourbel, qui souhaiteraient que la prise en charge médicale soit effective chez eux. Ils ont fustigé la men­sualisation des pensions.

«Baba Racine Arri !» (Papa racine est venu). C’est par cette expression de déférence que les amis de Racine Sy ont accueilli le président du Conseil d’administration de l’Ipres. Venus pour la plupart de Fatick, ces jeunes, qui arboraient des tee-shirts floqués du sigle Mars  (Mouvement des amis de Racine Sy), ont assuré pendant presque une demi-heure l’animation lors de la rencontre entre le Pca de l’Ipres et ses allocataires à Diourbel. Cet enthousiasme des jeunes jure avec le visage fermé des retraités. Lesquels réclament leur prise en charge médicale au  niveau du Centre hospitalier régional Heinrich Lübke de Diourbel où depuis le 8 juin 2016, les retraités, allocataires de l’Ipres, ne sont plus admis. Tanor Kane, représentant des usagers de l’Ipres au niveau de cet établissement de santé, ne cache pas sa colère : «Ce qui me fait surtout mal, c’est que depuis le 8 juin passé, aucun malade allocataire de l’Ipres n’est admis au niveau de l’hôpital Lübke. Ils ne sont plus pris en charge. Avant de venir ici, l’un de nos membres, avec ses deux jambes cassées, n’est pas admis dans cette structure où nous sommes refoulés parce qu’on nous dit que le plan Sésame ne nous prend pas en compte. Maintenant qu’allons-nous devenir si le plan Sésame ne nous prend pas en compte et la garantie de l’Ipres est épuisée. Les retraités meurent. Ce qui se passe ici est un show qui ne nous honore pas.»  Abdou Seck, ancien salarié de la Sénégalaise des eaux, déplore la mensualisation des pensions : «Nous ne sommes pas d’accord parce que nous avions pris des engagements au niveau des banques. Il fallait que le Conseil d’administration, avant de prendre cette mesure de mensualisation, discute avec les banques pour qu’elles puissent faire des facilitations aux retraités. Mais ce qui se passe est déplorable.» Il a fustigé le manque de communication de l’institution. Des propos corroborés par Alé Guèye, Secrétaire général du Conseil départemental de Diourbel, demande aux dirigeants de l’Ipres : «Le credo de l’Ipres, tout le monde y gagne, gagnerait à établir un plan de communication. L’Ipres gagnerait à élargir ses champs d’intervention dans le secteur informel avec lequel il faut forcément composer, à davantage appliquer tous les moyens de pression nécessaires que la loi lui offre pour contrecarrer certains employeurs véreux prêts à sacrifier certains travailleurs à cause de non-reversement de cotisations. L’Ipres gagnerait à établir une politique d’accompagnement des travailleurs, qui sont en cours d’activité et qui ont perdu leur emploi. Le système de l’affiliation volontaire en est un mais malheureusement reste peu connu des travailleurs. L’Ipres gagnerait à ne pas être la grande muette face aux péripéties financières de l’institution dues au fait qu’il y a de plus en plus moins de cotisants faute d’emploi. Enfin l’Ipres gagnerait à collaborer avec une institution comme l’inspection du Travail, la Caisse de sécurité sociale pour que justice soit faite dans le monde du travail. En effet beaucoup de travailleurs, après des décennies d’activité, se retrouvent en fin de carrière sans pension. C’est sur ces recommandations qu’au nom du président du conseil départemental que je vous souhaite un plein succès.» A Diourbel, la plupart des retraités n’étaient pas en phase avec le Président  régional de l’association Agar, qui a parlé en leur nom. Pour eux, Badara Ndiaye a occulté les vrais problèmes préférant vanter les louanges de Racine Sy alors qu’il y avait des détails à expliquer au Conseil d’administration de l’Ipres, qui s’était déplacé en masse dans la capitale du Baol. Prenant la parole à la suite du Directeur général de l’Ipres, le Pca Mamadou Racine Sy est revenu largement sur la réforme qui institue la mensualisation des pensions de retraite : «La retraite est synonyme de pauvreté extrême, de précarité. Si on vous annonce que vous devez partir à la retraite, vous tombez malade. Les retraités sont fatigués parce qu’ils ont en charge pour la plupart les maisons.  Les pensions  reflètent les années de cotisation calculées sur le salaire perçu au moment où vous étiez en activité. Doyale amoul, Doylou mo am si adouna. Dioulitte day doylou.» Comme dans les autres villes, le Pca a offert 2 millions en appui à la prise en charge médicale et 2 millions pour le diner des retraités le même jour.
badiallo@lequotidien.sn

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