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C’est pour protéger les générations futures que le Sénégal a mis en place une loi anti-tabac parce que la cible, de ceux qui fabriquent le tabac, ce sont les enfants. A Diourbel, les acteurs ont été sensibilisés sur la portée de la loi et de son application et les méfaits du tabac.

Le tabac fait des ravages dans le monde. Chaque année, 6 millions de personnes meurent dans le monde à cause du tabac et parmi ces décès, les 600 mille n’ont jamais fumé. Au Sénégal, le phénomène du tabagisme prend des proportions insoupçonnées. La dernière enquête menée en 2015 a montré qu’on est passé de 13% à 20% d’enfants qui fument. Alors qu’ils sont 1,5 million de fumeurs chez les adultes ?
La révélation a été faite par Dr Omar Ba, coordonnateur du Programme national de lutte anti-tabac. Il intervenait lors du Comité régional de développement consacré à l’installation des comités départementaux de lutte contre le tabagisme, la présentation des résultats de la cartographie des lieux dans le cadre de la lutte anti-tabac ainsi que les stratégies d’application de la loi contre le tabac. «C’est impressionnant pour un pays, qui compte moins de 14 millions d’habitants. Le phénomène, il faut le situer à deux niveaux. Le tabagisme des enfants : la dernière enquête a montré que de 13%, on est passé à 20% d’enfants qui fument. Au niveau des adultes, c’est plus de 1,5 million qui sont des fumeurs. C’est impressionnant pour un pays qui compte moins de 14 millions d’habitants. Et ce sont des fumeurs réguliers, actifs, adultes.»  Il ajoute : «Si on ne prend pas les mesures qu’il faut, c’est un phénomène qui va s’étendre parce que les fabricants, les «cigarettiers« ciblent les populations jeunes et vous savez que la population sénégalaise est extrêmement jeune. Il faut qu’on prenne les devants. On ne va pas attendre d’avoir 40% de consommateurs pour dire stop. C’est maintenant qu’il y a  l’alerte ; c’est maintenant qu’il faut que nous devons sensibiliser, éduquer. C’est un problème national. Et ce sont des fumeurs réguliers, actifs, adultes. Si on ne prend pas les mesures qu’il faut, c’est un phénomène qui va s’étendre parce que les fabricants, les «cigarettiers« ciblent les populations jeunes et vous savez que la population sénégalaise est extrêmement jeune.»
D’ailleurs pour limiter les dégâts, le Sénégal a élaboré et adopté la loi n°2014-14 du 28 mars 2014 relative à la fabrication, au conditionnement, à l’étiquetage, à la vente et à l’usage du tabac. Selon le coordonnateur du Programme de lutte anti-tabac, «il faut qu’on prenne les devants. On ne va pas attendre d’avoir 40% de consommateurs pour dire stop. L’enquête a été menée en 2015 et on est en train de disséminer les résultats et c’est sur la base de ces résultats que nous sommes en train de faire le plan stratégique national de lutte anti-tabac. Vous ne pouvez pas faire des plans efficaces si vous n’avez pas les données. Vous allez avoir des données nationales. Le tabac est très proche des enfants. Certains fument avant 12 ans. Entre 25 ans et 45 ans, il y a énormément de personnes qui fument. La féminisation du tabagisme augmente».
S’exprimant sur les méfaits du tabac, Dr Ba prévient : «Le tabac tue sous toutes ses formes. Qu’il soit fumé, qu’il soit chiqué, qu’il soit snifé, qu’il soit mâché. Le tabac tue.  Une personne sur deux qui utilise le tabac mourra des effets du tabac. Le tabac, c’est le seul produit au monde industriellement, s’il est utilisé selon les recommandations du fabricant, entraîne la mort. Comme ça crée la dépendance, c’est une drogue et il est mis sur la liste des drogues par l’organisation mondiale de la santé. Entre 2007 et 2012, on a vu que le nombre de filles qui fument a augmenté.»
Les autorités comptent sur cette nouvelle loi pour réduire les ravages du tabac. Selon elle, la vente de tabac est soumise à une autorisation de l’autorité administrative, impose le changement d’emballages, interdit le parrainage et la publicité,  sa vente aux enfants, et interdit sa consommation dans les endroits publics. Dr Ba renchérit : «Une des mesures efficaces pour qu’on réduise l’offre et la demande, c’est de rendre le tabac inaccessible, moins attrayant et le rendre hors de portée et harmoniser la taxation dans l’espace Cedeao et l’espace Uemoa.»
badiallo@lequotidien.sn

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