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La deuxième session de la Chambre criminelle du Tribunal de grande instance de Diourbel a démarré ce lundi. Poursuivi pour les délits d’association de malfaiteurs, de vol de bétail en réunion avec violence ayant entrainé la mort, de coups et blessures volontaires entrainant une Itt (incapacité temporaire de travail) de 60 jours et usage de véhicule, Thierno Bâ a été reconnu coupable des faits qui lui ont été reprochés. Ses co-accusés que sont Ogo Kâ et Abou Kâ ont été acquittés au bénéfice du doute.

Les faits qui ont valu à Thierno Bâ la condamnation aux travaux forcés à perpétuité remontent au 4 février 2017 chez les Dia à Ndam, une localité de la commune de Darou Nahim dans le département de Mbacké. En effet, Thierno Bâ, Ogo Kâ et Abou Kâ ont été poursuivis des faits d’association de malfaiteurs, vol de bétail en réunion commis la nuit avec violence ayant entraîné la mort, coups et blessures ayant entrainé une Itt de 60 jours et usage de véhicule. Il faut préciser que le nommé Abou Kâ a été jugé par contumace et les faits ont été requalifiés en tentative de vol, coups et blessures ayant entrainé la mort de Serigne Dia et une Itt de 60 jours pour Mor Mbaye Dia. A l’enquête préliminaire, le nommé Thier­no Bâ avait reconnu les faits pour lesquels il était poursuivi en précisant que c’est Ogo kâ qui lui avait proposé d’aller voler des moutons à Ndam parce qu’il y était quelques jours auparavant avec Abou Kâ. Il lui avait dit que dans cette maison ne résident que deux vieux et des femmes. Interpellé à son tour, Ogo Kâ a nié avoir participé à l’attaque.
Devant la barre de la Chambre criminelle de Diourbel, les co-accusés ont nié les faits pour lesquels ils sont poursuivis tout en soutenant qu’ils se sont connus au niveau de la Maison d’arrêt et de correction (Mac) de Diourbel. Interrogé, Mor Mbaye Dia a déclaré avant cette attaque qui a conduit à l’interpellation des inculpés, qu’ils étaient venus auparavant chez lui et avaient dérobé 18 moutons et 15 petits ruminants. «Ils étaient revenus pour prendre le reste de mon bétail», a-t-il dit. A en croire Mor Mbaye Dia, son frère Serigne Dia, qui avait succombé à ses blessures 3 jours après l’attaque, était venu pour lui tenir compagnie. «Après que les malfaiteurs se sont enfuis, ils ont trouvé un coupe-coupe et une sacoche contenant un certificat de perte de pièce d’identité appartenant à Thierno Bâ», dit-il Entendu tour à tour par le procureur de la République, le président de la chambre et les avocats de la défense, Thierno Kâ a insisté sur le fait que le certificat de perte ne lui appartenait pas, encore moins la sacoche dans laquelle elle a été retrouvée.
Dans son réquisitoire, l’Avocat général a rappelé que les agresseurs étaient lourdement armés. «C’est pour cela que Mor Mbaye Dia était grièvement blessé de même que Serigne Dia qui avait succombé à ses blessures», dit-il. Aussi, rappellera-t-il, le certificat de genre de mort de Serigne Dia avait fait état d’un traumatisme poly-forme. Il demandera ensuite aux juges de retenir la matérialité des faits dans cette affaire car les circonstances aggravantes sont avérées. «Thierno Ba a tenté de nier désespérément que la sacoche et le certificat de perte de la carte nationale d’identité trouvés sur les lieux lui appartiennent mais vous avez suffisamment de charge contre lui malgré ses dénégations tardives pour se soustraire», a-t-il ajouté. Et le représentant du ministère public demande que les différents des accusés soient «reconnus coupables et qu’ils soient condamnés aux travaux forcés à perpétuité».
Assurant la défense de Thierno Ba, Me Serigne Ndiongue a entamé sa plaidoirie en précisant lorsqu’il s’agit de la liberté des gens aucun détail n’est de trop. Selon lui, des détails ont été laissés en rade par les enquêteurs parce qu’aucun élément du dossier n’a permis d’avoir une vraie piste. «Que de soient-disant aveux à l’enquête préliminaire qui n’ont jamais existés. Il y a un doute sérieux dans cette affaire», a-t-il dit. Une plaidoirie qui sera confortée par son confrère Me Assane Ndioma Ndiaye. Ils ont ainsi tous demandé que leur client soit acquitté au bénéfice du doute. Même son de cloche pour Me Moustapha Ndiaye qui assurait la défense de Ogo Kâ. Pour lui, rien ne permet de dire que le sieur Kâ était sur les lieux le jour des faits. «Je ne sais pas sur quoi le procureur a basé son réquisitoire. Personne ne vous a dit avoir reconnu Ogo Kâ», persiste Me Ndiaye, qui a demandé son acquittement purement et simplement au bénéfice du doute. Après avoir délibéré, le Tribunal de grande instance siégeant en Chambre criminelle a reconnu Thierno Ba coupable des faits pour lesquels il était poursuivi en le condamnant aux travaux forcés à perpétuité. Quant à Abou Kâ et Ogo Kâ, ils ont été acquittés au bénéfice du doute.
Correspondante

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