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Même s’il n’y a pas eu de cas confirmés de Covid-19 jusqu’ici dans la ville de Diourbel, l’économie locale est à l’arrêt à cause des mesures restrictives imposées dans le cadre de la lutte contre la propagation du virus.

A Diourbel, le temps s’est figé sur l’actualité nationale. Connu pour son effervescence, son ambiance carnavalesque, le marché Ndoumbé Diop de Diourbel sonne creux. Il est aussi calme qu’une cathédrale abandonnée par ses fidèles confinés chez eux par le Covid-19. Il est 12 heures. Impitoyable, le soleil tape ses rayons sur les magasins fermés, montrant la fâcheuse réalité du moment. Des vendeurs de tissus aux tailleurs, en passant par ceux des légumes, des produits cosmétiques ont plié bagages. Même la boucherie n’est pas épargnée.
Dans cet univers affecté par la propagation du coronavirus, seuls les vendeurs de denrées de première nécessité sont encore épargnés par le désastre actuel. En attendant,… A les en croire, la situation était déjà compliquée depuis plusieurs mois. Elle s’est dégradée depuis l’apparition des premiers cas positifs à Touba et l’instauration de l’Etat d’urgence et du couvre-feu. Désormais, les marchés sont fermés à 17h. Une situation qui pousse plusieurs commerçants à opter pour la fermeture de leurs boutiques plutôt que de vendre pour un temps très réduit.
Vendeur de tissus, Amadou Ba rappelle que le commerce et le confinement ne sont pas compatibles. Il dit : «Le commerce ne peut pas marcher sans la possibilité de se déplacer. Si le transport est paralysé, tous les autres secteurs le seront forcément d’autant plus que toutes les marchandises sont presque importées. Personnellement, je préfère souvent rester à la maison que de venir au marché et rentrer bredouille. La situation est vraiment critique.» Quadra­génaire, Astou Guèye, vendeuse de légumes, dessine une situation catastrophique. «Aujour­d’hui, il est impossible de s’approvisionner en légumes de bonne qualité. Tout cela, à cause du blocage du secteur du transport», dénonce-t-elle. De l’avis de ce détaillant, une pénurie des denrées de première nécessité est possible, car la situation est alarmante. Selon elle, «les clients sont obligés de venir parce qu’ils n’ont pas ce dont ils ont besoin chez eux. Le chiffre d’affaires a drastiquement baissé». Réputée pour ces poissons de qualité, Ndèye Awa Ndiaye confie : «Depuis presque 6 jours, je n’ai pas eu de produits. Le transport bloque tout.»

Tous les bus Tata de la commune immobilisés
Le transport urbain est complètement paralysé au niveau de la commune de Diourbel. Aller au marché ou bien se déplacer est un véritable parcours du combattant. Seuls les charretiers convoient les riverains au moment où les 19 bus tata de la commune sont immobilisés. Ameth Diop, secrétaire général du Regroupement des chauffeurs et transporteurs de Diourbel, revient sur cette décision : «Nous avons décidé d’arrêter le trafic parce que les propriétaires n’y trouvent plus leur compte.» Trouvé dans son bureau au niveau de la gare routière de Diourbel, Ameth Diop renchérit : «Le couvre-feu a davantage compliqué la situation parce que nous ne pouvons pas travailler correctement alors que nous avons besoin de sauvegarder le personnel qui tourne autour de 70 agents. La situation est vraiment difficile parce qu’on ne peut pas continuer à travailler. Avant le démarrage du couvre-feu, les receveurs peinaient à acheter du carburant à la descente. Maintenant, s’ils doivent rouler jusqu’à 17 heures, comment ils vont s’en sortir ?» Même son de cloche du côté de ce chauffeur de taxi dont la situation a empiré. Gana Ndiaye met la main sur le frein : «Depuis que le couvre-feu a démarré, nous sommes incapables d’assurer la dépense quotidienne, le versement ou encore moins le carburant, car nous convoyions quatre personnes moyennant chacune 150F Cfa. Aujourd’hui, nous ne pouvons prendre que deux personnes où chacun paye 250 F Cfa. Si la situation perdure, ce sera vraiment la catastrophe. Nous invitons le Peuple sénégalais à respecter les mesures préventives pour combattre le coronavirus.» En attendant des lendemains plus enchanteurs…

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