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Le Tribunal de grande instance de Diourbel a reconnu hier la dame Khady Gning coupable du meurtre de Ndèye Diouf. Il l’a finalement condamnée à 10 ans de travaux forcés. Inculpée d’assassinat et placée sous mandat de dépôt depuis le 14 juillet 2015, la prévenue va attendre encore 8 années avant de humer l’air de la liberté.

Me Mounir Balal a été commis d’office pour défendre la dame Khady Gning  accusée d’avoir assassiné la dame Ndèye Diouf.  La robe noire a pu démontrer tout au long de sa plaidoirie que ce n’était pas un assassinat qui a été commis le 11 juillet 2015 au village de Pidji Ngomène dans la commune de Tocky Gare, arrondissement de Ndoulo mais plutôt des coups et blessures qui ont entrainé la mort sans l’intention de la donner. Et Me Balal soutient : «Il y a eu des tergiversations. On changeait de fusil d’épaule. Il n’y a pas eu de bâton dont l’accusée s’est servie pour battre la victime mais plutôt une bagarre à mains nues. On a beaucoup spéculé dans ce dossier. Que reste-t-il dans ce dossier ?  Une disqualification des faits s’impose parce que la preuve du guet-apens, encore moins de la préméditation, n’a pas été rapportée.» Cette reconsidération des faits tant souhaitée par le conseil de Khady Gning a eu un écho favorable auprès du Tribunal de grande instance de Diourbel statuant en Chambre criminelle. La dame Khady Gning a été finalement condamnée à 10 ans de travaux forcés.
Le vœu du ministère public de voir cette mère de famille âgée de 38 années, qui a demandé pardon et versé de chaudes larmes à la barre, de finir le restant de ses jours en prison, n’a été exaucé. D’ailleurs, au prononcé du verdict, c’était presque un ouf de soulagement pour les parents de la victime, qui avaient pris d‘as­saut la salle d’audience du Tribunal de grande instance de Diourbel. D’ailleurs, le mari de la défunte, partie civile dans cette affaire, n’a pas demandé de dommages et intérêts. Elle voulait se venger de la correction que lui avait infligée le 9 juillet 2015 la défunte. Ruminant sa colère, elle s’est bagarrée avec elle au moment où la défunte revenait du puits du village. Cette bagarre sera fatale à Ndèye Diouf, qui laisse orphelins des enfants de bas-âge.
Pour rappel, le 11 juillet 2015, les éléments de la brigade de gendarmerie de Ndoulo avaient été informés par téléphone par le maire de la commune de Tocky Gare qu’un homicide venait d’être perpétré au village de Pidji Ngomène. Les pandores ont découvert sur le chemin du puits le corps sans vie de Ndèye Diouf, qui présentait des blessures au niveau de la mâchoire inférieure et du pouce de la main gauche. Le certificat de genre de mort établi par le docteur Alimou Diallo concluait à un traumatisme du rictus cervical, une avulsion dentaire et des plaies superficielles corporelles.
badiallo@lequotidien.sn

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