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De Bambey à Diourbel, les secteurs de l’enseignement supérieur et de la santé tournent au ralenti. Les étudiants de l’Université Alioune Diop de Bambey (Uadb), qui sont en grève depuis des mois, intensifient leurs actions. A Diourbel, les membres de l’Intersyndicale de l’hôpital Heinrich Lübke campent sur leur position au grand dam des malades. Depuis mardi, l’Intersyndicale et la direction de l’établissement hospitalier se déchirent sur le mode de payement des motivations de décembre dernier qui s’élèvent à plus de 24 millions de F Cfa. Après dispatching, chaque travailleur ne recevra pourtant que 90 mille F Cfa.

Tout ça pour ça… Ils ont bloqué l’hôpital Heinrich Lübke, indisposé les malades, pour exiger le paiement de leurs primes de motivation qui tournent autour de 90 mille F Cfa par agent. Au-delà de ce montant, c’est le mode de payement des motivations de décembre qui divise l’administration et les employés. Pour le représentant de l’Intersyndicale, la direction persiste sur sa décision de vouloir payer ces indemnités de façon graduelle, ce qui ne les convient pas. Makhtar Ndiaye détaille : «Le montant des motivations de ce mois de décembre s’élève à 24 millions 955 mille 950 F Cfa. C’est ce montant que le personnel doit se partager. Le personnel est composé de 276 agents. Et chacun devrait se retrouver avec 90 mille 420 F Cfa. Ce mois-ci, il y a des performances en entrée d’argent. C’est une exception ce mois de décembre. Les recettes qui sont rentrées dans la caisse de l’hôpital se sont élevées à 67 millions 319 mille 360 F Cfa contre 57 millions 077 mille 535 F Cfa en novembre. Si vous faites la différence, vous verrez qu’il y a un surplus de 10 millions 441 mille 825 F Cfa.» Sans oublier qu’on a pu aussi «recouvrer avec l’apport de l’Etat qui a amené les kits césariens avec la Cmu. Donc on est à un montant de 63 millions 617 mille F Cfa. Tout ça, si vous faites l’addition du Paf (Patients à ses frais) du mois de décembre et les rentrées des recouvrements de décembre, ça fait une manne financière de 131 millions 070 mille 225 F Cfa. On n’a rien inventé, ce sont des sommes qui sont rentrées. Les urgences que nous sommes en train de consulter sont à 90 millions de F Cfa». Une situation financière qui fait saliver les travailleurs qui ont du mal à suivre le discours de la direction qui dit que «l’hôpital n’a pas les moins de payer son personnel». «Je me demande ce que la direction veut», martèle-t-il. Il poursuit : «La solution est dans le camp de la direction. On n’a pas réclamé ce qu’on ne devrait pas. Tant que ces motivations ne sont pas payées en intégralité, cette situation durera le temps que la direction le voudra.» Il demeure néanmoins que cette situation indispose les malades. «Nous sommes désolés et c’est regrettable parce que le malade n’a rien fait pour subir ce tort. Si l’éducation est en grève, les élèves rentrent chez eux. Aujourd’hui, c’est la santé qui est en sit-in, mais les urgences seront assurées à 100%», rassure-t-il.

«La trésorerie ne peut pas faire face à toutes ces dépenses»
En écho, le directeur général de l’hôpital estime qu’actuellement la situation de l’hôpital sur le plan de la trésorerie ne permet pas de faire face à toutes ces dépenses. El Hadji Amadou Dieng espère un rapprochement des positions pour mettre fin à la crise. «Aujourd’hui, l’Adminis­tration n’est pas figée. Nous sommes ouverts au dialogue, à la négociation et à la concertation. On aimerait aussi que les gens soient ouverts d’esprit et puissent comprendre que notre intérêt, c’est celui de l’hôpital, celui de l’Intersyndicale. Ce que nous aimerions, c’est que l’hôpital continue de fonctionner. Ce n’est pas un refus de paiement, c’est juste une planification de paiement et je pense que les gens devraient être en mesure de comprendre cela», a-t-il indiqué. De l’avis de M. Dieng, «nous sommes en fin d’année budgétaire et il y a une nouvelle année qui commence et les crédits de l’Etat ne sont pas encore en place». Malgré son ouverture au dialogue, il fait une leçon aux syndicalistes pour les pousser à renoncer à leur jusqu’au-boutisme : «Dans une administration, on n’impose pas à l’Etat de payer tout de suite. Il y a des choses qui peuvent être différées. On ne comprend pas la position catégorique de l’Intersyndicale pour dire tout ou rien.» Il jure la main sur le cœur : «Quand on parle de rentrées de fonds, il faut parler également de dépenses, car l’hôpital a reçu de l’argent qui a permis de faire face à certaines dépenses, surtout celles du personnel. Dans le passé, on a toujours payé sans pour autant qu’il y ait des problèmes. Si on leur dit qu’il y a des difficultés, c’est qu’il y a vraiment des difficultés. On n’a aucun intérêt à ce qu’on trouve le personnel dans la rue. L’administration est très sincère pour dire à tout le monde que ce n’est pas un refus de payer, c’est juste un différé de paiement. Et je pense que normalement, cela ne doit pas poser de problème.»

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